lundi 27 février 2012
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Ce n'est pas donné à tout le monde de suivre la bataille pour la sauvegarde de l'Internet libre. Tous ces évènements se mélangent dans bien des esprits. D'autant que depuis fin janvier, tout va très vite.
Aussi, je vais tenter de vous récapituler ce qu'il en est depuis début 2012.


Vu de chez nous

france netBon, c'est pas nouveau : on a Hadopi, terreur des l'échanges Peer to Peer. Et LOPPSI 2, qui fiche en l'air Internet en France.
Puis notre cher (ou pas) président nous annonçait qu'il partait en croisade contre le streaming (consultation en ligne) illégal, au travers de l'HADOPI.
Résultat concret : le "déréférencement et blocage anticipatif" de la série de sites Allostreaming.com, Alloshowtv.com, Alloshare.com et Allomovie : en plus de l’obligation des principaux FAI français d'exclure l'accès à ces sites sur leur réseau, les ayants droits ont mis en demeure les moteurs de recherches Orange, Bing, Yahoo! et Google d'exclure ces sites dans les résultats de recherche. Avec mention spéciale pour Google, lui réclamant cette censure, non-pas pour la France, mais pour le monde entier !!!
L'histoire n'est pas terminée, car les ayants droit s'acharnent et cherchent à tout prix pouvoir fermer les "sites miroir" sans l'intervention d'un juge.

Peut-être le saviez-vous : le 24 novembre 2011, la Cour de Justice européenne nous à quand-même fait plaisir en faisant un arrêt, interdisant le filtrage généralisé du Net. Celui-ci dit en substance que le filtrage porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens européens.
Du coup, interdit de bloquer un site qui ne soit pas entièrement illicite. Ouf ! Mais l'on peut se demander si cette faveur ne sera qu'exception. Du tout ! La Cour de Justice de l'Union Européenne réaffirme récemment ses propos et interdit d'imposer le filtrage aux services en ligne. Youpi !

Mais que fait la France ? Elle censure... Sur Twitter, plus possible de parodier M. Sarkozy. Sur le Net, l'humour noir devient interdit du moment qu'il concerne la pédophilie. Exemples récents : Piratesourcil (à qui y-z-ont tout piqué) et Lobofakes.
Qui peut juger ces questions morales au nom de tous (enfants, adultes, catholiques, athés, etc.) ?
Quelle est la prochaine étape ? On censure ceux qui protestent contre la censure? Ayawooga va-t-il être bloqué pour l'avoir fait dans ce présent billet ? ...

SOPA et PIPA

wikipedia blackout sopaSi vous surfez de façon journalière, le Net du 18 janvier vous aura peut-être marqué par sa journée noire en protestation contre deux projets de loi américains : SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act). Des sites importants comme Google, Wikipedia, Wordpress, Mozilla, ou encore Flickr ont manifesté leur farouche opposition à ces propositions législatives.
En gros, ces lois "anti-piratage" souhaitent mettre en place des incroyables sanctions en cas de violation de copyright, et l'obligation d'un blocage des sites accusés de "piratage" depuis le sol étasunien (même pour les sites issus de l’étranger). Les textes obligeraient ce blocage aux services de noms de domaine, aux moteurs de recherche, ainsi qu'aux organismes de transactions financières (comme Paypal) basés sur le sol américain.
C'est donc clairement un système de censure national. (États Unis, pays de liberté, qui disaient...) Le problème, c'est que cela touche le Web entier, car les noms de domaines sont gérés en Amérique. Ajoutons que les principaux services présents sur Internet sont basés majoritairement aux USA.
Justin Bieber (remarquez, cela ne serait pas forcément un mal...) risque 5 ans de prison si ces lois passent. Mais sont dans le même cas, les chorales d'écoliers, les auteurs de reprises sur Youtube, ou de vidéos avec un fond de musique copyrighté...

Suite au tollé de l'opinion publique, le 20 janvier, le gouvernement américain suspend le vote de ces projets de loi pour leur révision.

Megaupload

megaupload downLe lendemain de la cyber-manifestation anti-SOPA/PIPA, la galaxie Mega (MegaUpload, MegaVideo, etc.) à été subitement coupé du Net par "la Gestapo américaine" : le FBI. Le fondateur du site (Kim Dotcom) et plusieurs de ses sbires, ont ensuite été arrêtés en grande pompes, en dehors du sol américain (Nouvelle-Zélande) comme des criminels. Car c'est bien ce dont on les accuse : pour avoir (je cite) "mis en oeuvre une entreprise internationale de crime organisé prétendument responsable du piratage massif à l'échelle mondiale d'un grand nombre de types d’œuvres protégées, à travers MegaUpload.com et d'autres sites en relation". Kim risque 20 ans de prison pour cette prétendue "Méga-conspiration" (sic), c'est en gros les deux tiers de la peine d'un violeur récidiviste...

Belle échelle de valeurs que nous présente la justice américaine. Nous voilà maintenant prévenus : est un criminel, toute personne qui permet un partage de fichiers qui lui rapporte un peu de sous, et risque l'arrestation imminente par le FBI, depuis n'importe quel endroit du globe.
Location ou service gratuit de stockage, système d'échange de fichiers... C'est criminel du moment qu'il y a rémunération !
Dans ce cas, il y a du boulot ! Ce genre de site, il y en a des tas !!!

Et chez nous, ce n'est pas le meilleur refuge à ce sujet : notre président approuve largement cette incroyable arrestation, de ceux qu'il accuse de "réaliser des profits criminels" (sic)...
Combien de morts ou de violés au fait ?... Euuuh zéro. Mouais d'accord...

Au fond...

Vous allez me dire : oui c'est un peu trop drastique comme méthodes. Mais cette fermeture est quand-même légitime, MegaUpload était illicite...

Non, MegaUpload n'est pas plus illicite qu'un fournisseur d'accès à Internet. Ce sont certains de ses utilisateurs qui en ont fait le siège d'un certain usage illicite.
Coordonner (aux frais des contribuables) une action judiciaire internationale contre MegaUpload, et en accusant ce service d'activité de piratage, c'est choisir un bouc émissaire parce que l'on ne peut pas s'attaquer à la foule qui est la seule coupable (merci jls5).
Le principe MegaUpload n'a rien d'illégal, et encore moins de (je cite le FBI et notre Président) "criminel". C'est un site de partage, sans discrimination. Vous aviez la possibilité de vous créer sur le Net, un disque dur gratuit, et même disponible pour vos amis. Un tutoriel vidéo qui fait buzz sur MegaVideo pouvait vous rapporter de l'argent. Cela, est-ce illégal ? Est-ce criminel ?
Bien évidemment, cela n'excuse pas la malhonnêteté de la politique commerciale de MegaUpload. Moi aussi je reproche la malhonnêteté de MegaUpload, vis-à-vis des copies d’œuvres. Je lui reproche tout autant que vous d'avoir exploité l'échange de copies illégales pour faire des profits considérables sur le dos des artistes. Kim Dotcom mérite d'être jugé sur ce commerce quelque peu malhonnête.

Mais il y a plus grave : c'est un des sites légaux les plus utilisés qui est fermé au détriment de tous ses utilisateurs. Mais surtout, un site au principe fondamental : un site mondial d'échange libre de données. Or l'échange libre de données sans discrimination, est le fondement d'Internet.
Vous rendez illégal l'échange libre de données, vous rendez illégal Internet. La gravité de l'affaire MegaUpload, c'est celle-là !
Que ce soit Kim Dotcom ou l'Inspecteur Derrick, qui se soit fait coffré on s'en moque ! Ce qui ne nous a pas plu du tout, c'est le fait d'avoir criminalisé Internet et bafoué nos libertés !

fbi censorshipMais les USA ne s'arrêtent pas là : Jotform, un site sans aucun soupçon d'illégalité à été récemment coupé du Net, de la même manière que MegaUpload. Heureusement reconnecté, le site est encore disponible. Mais qui paye le préjudice ?

ACTA

Rappel :
ACTA c'est l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon. Idée de départ : la lutte conjointe entre pays émergents et développés contre tout type de contrefaçon. Bonne idée ! Sauf que l'élaboration de ce traité semble clairement des plus mauvaises : tous les grands groupes commerciaux se sont investis et font pression sur cet accord de façon à ce qu'ils en gagnent en puissance. Tenu d'abord secret, cet accord fût mis au jour grâce à Wikileaks. Dénonçant la volonté claire d'éviter tout processus démocratique, l'opinion publique à réagit. Face à cette pression, la transparence fût de mise et le texte s'est vu modifié. Mais il comporte encore actuellement de graves menaces pour plusieurs libertés individuelles fondamentales.
Les pays émergeant se plaignent de ne pas avoir part aux négociations et que les Etats-Unis et l'Europe veulent leur imposer un Traité conçu à leur manière. Sous couvert de lutte pour la propriété intellectuelle (Copyright), le traité atteint le summum de inacceptable, en rendant illégaux les médicaments génériques, ou encore en interdisant toute reproduction autonome de semences agricole.
Bien évidemment, Internet est particulièrement visé par tout ce qui concerne son contenu : le partage devient purement et simplement illégal, et l'utilisateur est d'office présumé pirate, avec des risques de sanctions disproportionnées. Pire : le traité responsabilise les fournisseurs d'accès internet dans un rôle de censure. C'est la crise : on privatise la Justice... Adieu liberté d'expression.
Et même si ACTA se voyait rendu inoffensif, nous ne sommes pas à l'abri de modifications postérieures. Son vote au Parlement Européen est une carte blanche aux multinationales !



De nombreux pays se sont investis dans l'accord ACTA par leur signature. Et la ratification de ce traité à été entamée par 22 pays de l'Union européenne (dont la France) à l’écart de l'opinion publique. C'en était trop, le rapporteur principal de l'accord au Parlement Européen (M. Kader Arif), démissionne. Il dénonce les nombreuses irrégularités dans l'ensemble de ce processus, qu'il qualifie de mascarade.
L'ambassadrice de la Slovénie au Japon jette le trouble en regrettant et s'excusant publiquement d'avoir signé ACTA, qualifiant son geste de "résultat d'une négligence civique". Le 28 janvier, une pétition américaine réunissant en un temps record plus d'un milion et 25 000 signatures contre ACTA, est déposée sur le site de la Maison Blanche.
Après ces évènements et les protestations civiles qui ont fleuri un peu partout, le 3 février, la Pologne suspend son processus de ratification qu'elle avait engagée. Le lendemain, son premier ministre, Donald Tusk, donne raison aux opposants à ACTA et évoque la possibilité de son rejet par son pays.
L’Allemagne, quand à elle, a mis en pause la signature de l'ACTA le 9 février, préférant laisser la situation se décanter au parlement européen avant de prendre une décision.
actaLa République Tchèque à pris la même direction le 6 février : gel du processus de ratification afin de mesurer l'impact de l'ACTA sur la législation nationale. Et la Roumanie semble avoir la même intention, souhaitant des "consultations publiques" avant la ratification, évoquant le refus du traité si le parlement y est opposé (source).
La Lettonie attend aussi plus de clarification avant de continuer.
La Bulgarie veut un consensus au parlement européen avant d'accorder définitivement ou retirer son engagement pour ACTA.

Sur ces retours de veste, Le président du Parlement européen, Martin Schulz, explique à la télévision allemande que le document "n'est pas bon sous sa forme actuelle", ajoutant que l'équilibre entre la protection du copyright et les droits individuels des internautes "n'est que très insuffisamment ancré dans le présent accord".
La Commission européenne comprend peu la bataille médiatique, elle qui assurait depuis le début que l'ACTA ne modifie en rien le droit communautaire. La Commission diffuse alors un document censé rétablir la vérité sur l'ACTA. (Source.)
En accord avec ce discours, le gouvernement du Luxembourg renouvelle son engagement pour ACTA le 14, dans un communiqué du ministère de l'économie et du commerce extérieur.
Mais rien est joué, à entendre les déclarations du président du parti populaire européen (PPE), qui annonçait "ACTA c'est fini", avant de tempérer ses propos.
L’Autriche n'a pas l'air d'oublier son droit de véto en défaveur de l'ACTA... Même chose pour la Slovénie.
Le 17, le premier ministre polonais Donald Tusk, s'engage franchement en demandant par écrit de ne pas soutenir ACTA, aux chefs des partis PPE et à la direction des formations nationales affiliées au mouvement européen.
Enfin, voyant qu'elle ne parvient pas à persuader, la Commission européenne demande à la Cour de Justice européenne de confirmer que l'ACTA ne limitera pas la liberté d'expression et d'information en Europe.

Affaire à suivre de très près ! Pour info, le débat du Parlement européen sur Acta débutera le 1er mars...

Mobilisation civile

Manifestations

manif anonLes manifestations ne se sont pas déroulées que sur Internet et ont débordé dans les rues :

En Pologne, Varsovie comptait plus de dix mille manifestants anti-ACTA, le week-end du 22 janvier.
Le 28 janvier, Paris rassemble entre 300 et 400 manifestants contre ACTA. Manifestation soutenue dans plus d'une trentaine de grandes villes françaises : une centaine de personnes à Bordeaux, une quinzaine pour Nîmes, Chalons ou Poitiers.
Le 11 février, la mobilisation reprend (dans 40 villes en France) et le nombre de participants ne cesse d'augmenter.
Le 25 février, la police dénombre 650 manifestants à Paris, plus localement on en compte 150 à Lille, 200 à Rennes, 100 à Lyon, 50 à Marseille et 200 à Toulouse (source).

Cyber-intimidation

Des anonymes ont réalisé plusieurs attaques par Internet, dont certaines ont été plutôt spectaculaires et sérieuses :

Dans le quart d'heure qui a suivi la fermeture des sites de MegaUpload, le site du département de la justice américaine (DoJ) est rendu indisponible, et avec lui, celui d’Universal Music : principal major du secteur qui lutte contre le groupe Mega.
Peu de minutes après, c'est au tour des sites de la MPAA (représentante de l’industrie cinématographique américaine) et de la RIAA (représentante de l’industrie du disque aux USA) d'être surmenés (lenteurs et indisponibilités temporaires). Sans oublier copyright.gov qui n'a pas été épargné par cette vague d'attaques.

expect usLe FBI fait tout son possible pour maîtriser et dissuader ces attaques anonymes de la part d'Anonymous et Lulzsec.
Face à ces pressions, le 3 février, des anonymes ont publiés l'enregistrement d'une conversation de 17 minutes entre des agents du FBI et de Scotland Yard. Prouvant leurs capacités d'infiltration et l'active lutte des plus hautes autorités contre ces mouvements populaires.

On était déjà habitué au discours intimidateur des adeptes d'Anonymous. Mais il semble qu'au cours de ces dernières attaques, le ton des activistes anonymes ait sérieusement monté d'un cran.
La forme des attaques et les menaces écrites font preuve d'une virulence encore jamais vue.
"FAITES PASSER CETTE POUBELLE ET NOUS DÉGAGERONS TOUT L'INTERNET CORPORATE [...] Si SOPA/PIPA/ACTA passent, nous allons mener une guerre implacable contre l'internet corporate, détruisant douzaines sur douzaines de sites gouvernementaux et d'entreprises." (source)
Sur Twitter, on y lit la même menace :
Megaupload à été pris sans la loi SOPA. Maintenant, imaginez ce qu’il arrivera si cela passe. L’internet que nous connaissons prendra fin.

Ajoutons à cela les attaques, moins violentes et plus désorganisées, semblant illustrer cet esprit de révolte et de désobéissance civile qui gagne de plus en plus l'opinion publique :
Le site de l'HADOPI inaccessible et retrouvé dans une fâcheuse posture qui menaçait son accessibilité sur les moteurs de recherche.
Le site du gouvernement français qui intègre des messages subliminaux dans l'URL.
Le siège de cette même Haute Autorité taggé.
Les attaques d'intimidation en Pologne.
Ou encore les attaques contre le site du parlement européen...

Notes :

Oui, mon billet est trop long. Je vous aurais bien fait un podcast (vidéo), mais on ne peut pas mettre de lien hypertexte sur des paroles...
J'espère néanmoins qu'il vous aura plu, et aidé à clarifier tous ces événements mal médiatisés.

Si vous avez des précisions à apporter, je me ferai un plaisir de les publier.
A bientôt.

mercredi 15 février 2012
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Nous sommes Anonymous, nous sommes légion, nous ne pardonnons pas, nous n'oublions pas, redoutez-nous (attendez-vous à nous).

Parce qu'aucun de nous n'est aussi cruel que chacun d'entre nous.


Anonymous (s'écrit sans article) est méconnu pour la plupart des gens, y compris les médias et les pouvoirs publics.
Dans cet article, je vais tenter de vous éclairer sur ce mouvement aux contours flous.

Génèse

logo 4chanAnonymous est une des plus anciennes créatures de 4chan.
Qu'est-ce que 4chan ?
C'est le forum Internet de type "imageboard" qui est le plus connu. On y discute en anglais tout en échangeant des images.
Cet espace anonyme, oiseux et totalement licencieux, semble peuplé de gens de très mauvaise compagnie. Le trash, le porno, le pédoporno et d'autres choses plus horribles encore y circulent. Bien qu'en réalité, c'est un défouloir où vous trouvez n'importe qui voulant "se lâcher" ou tuer l'ennui.
Car le sérieux est quasi inexistant sur 4chan ; le second degré, un impératif. Aucune publication, aucun sujet n'est digne de sérieux : la religion, la mort, la souffrance... Rien est épargné.
Du fait, absolument rien de crédible peut être trouvé sur 4chan. Même chaque personne : c'est un espace anonyme. Tout le monde peut changer de pseudonyme à loisir, chacun n'est que de passage et tout demeure éphémère.
Certains qualifient 4chan de "bac à sable" de l'Internet. A juste titre, car vous y retrouvez tous les phénomènes sociaux du web. C'est le meilleur endroit pour faire tester un concept. Vous avez une armée d'anonymes, habitués du Net, et qui plus est, s'ennuient.
Le fait est que 4chan réunit un nombre incroyable de gens. Vous êtes très très nombreux. Dans un tel contexte, chacun fait partie d'une seule masse anonyme, tout à fait décomplexée et libre comme l'air.
Et si vous lancez un souhait ou un défi, comme ça : publiquement, vous avez de forte chances pour qu'au moins une personne y fasse honneur. Parfois, votre demande est un succès imprévu : un nombre incroyable de personnes y répond.

Aussi, cette masse s'est vu personnifié comme une entité magique qui exauce les demandes qui lui plaisent : Anonymous (tout le monde s'appelle Anonymous sur 4chan).
Et ce qui plait le plus à la majorité, ce sont bien évidemment les drôleries : le LOL. Parfois, un membre propose un jeu (presque toujours une sottise) et voilà qu'il obtient une énorme masse de joueurs.
De la même manière, vous pouvez utiliser ce fabuleux pouvoir du nombre. Des jeux ou certains défis peuvent prendre la forme de puissants raz-de-marée d'internautes... Bref : une opération "Anonymous".

lolfaceAu départ, Anonymous c'était ça. Une bonne blague, "for the lulz" (pour se moquer).
Et le fait de considérer Anonymous comme un mouvement sérieux et puissant, relevait de l'auto-dérision. Même encore aujourd'hui, certains ont du mal à croire qu'Anonymous puisse encore être parfois ce qu'il a été de plus sérieux. Les communiqués d'Annonymous contiennent de nombreuses références et blagues issues de la culture du Net ("over 9000", "divided by zero", etc.). De plus, le bluff et l'exagération sont un un des outils de pression d'Anonymous. On les prend pour des terroristes alors qu'il n'ont souvent fait que des gamineries.
Le crédit porté à ces jeux stupides est vraiment hilarant pour celui qui peut en saisir les subtilités. Les actions Anonymous font souvent rire les initiés et les habitués des phénomènes inhérents à Internet. Eux, savent que "Internet is serious business" (phrase ironique qui sous-entend qu'il ne peut rien avoir de sérieux sur le Net)...

Règles

Une liste de règles est apparue un jour sur 4chan, qui définit soit-disant "les règles d'Internet" ("Internet rules"). Cette liste est une vaste blague. Le but de celle-ci est de se moquer des naïfs pour les éduquer.
Elle a donné naissance à un wiki (site communautaire) dont l'introduction fût la suivante :
"Cela va donner une ligne directrice de la façon dont l'Internet peut être structuré. Les politiciens ne peuvent pas définir ces règles, l'Internet est pour le peuple par le peuple. Il doit être le peuple qui fixe les règles."
Aujourd'hui, le site affiche une introduction similaire :
"L'Internet doit être pour le peuple par le peuple. Il devrait être les personnes qui fixent les règles."
Ces intros résument à elles-seules la leçon à tirer de cette histoire de "règles", que ce soit sur Internet ou au sein d'Anonymous.

we do not forgive censorshipPersonne ne peut prétendre de l’existence de règles Anonymous, autant que de règles Internet. Les règles, c'est chacun qui se les impose, et personne d'autre ne peut en imposer à quelqu'un d'autre qu'à soi-même.
En clair : Anonymous n'a pas de règle, il a simplement des conventions qui perdurent grâces aux valeurs communes. En voici certaines d'entre elles :
  • La seule chose sur laquelle on ne sait pas plaisanter sur 4chan et sur Internet tout court, c'est l'atteinte à la liberté d'expression, et par extension à l'accès à Internet. Car, sans vraie liberté d'expression, plus de partage, ni d'Internet (libre), ni de 4chan. Aussi, la lutte contre toute pression de censure ou de manipulation est naturellement devenue collective chez les Anonymes.
  • La non-violence est également une convention très ancrée, qui de surcroit, préserve le mouvement d'un discrédit certain.
    L'émancipation est aussi promue par Anonymous. On ne vous donnera jamais rien de "tout cuit", mais on vous encouragera plutôt à la débrouillardise.
  • A la manière d'Einstein, qui nous disait "La seule chose absolue dans un monde comme le nôtre, c'est l'humour", la culture Internet affectionne la blague, l'ironie et l'exagération. Et Anonymous en est fortement imprégné.
  • Et bien évidemment, les conventions de protection du groupe : l'anonymat et l'égalitarisme.
Mais ne nous leurrons pas : de nombreuses attaques revendiquées "Anonymous" sont allées à l'encontre de ces principes, devenant des attaques illégitimes et nuisibles.

Forme

Même si certaines actions groupées d'Anonymous sont de simples divertissements, elles n'ont pas toujours été sans danger. Aussi, il fût nécessaire d'établir des mesures de protection.
Au fil du temps, Anonymous s'est enrichi de nouvelles compétences. L'espèce de "hiérarchie des actifs" de départ, s'est stabilisée en une organisation de moins en moins vulnérable. Un certain nombre de conventions protègent son réseau, de telle sorte qu'il soit impossible de porter atteinte au mouvement, même de l'intérieur.

anonymousAnonymous est une organisation dite "horizontale" (sans hiérarchie) qui n'a donc pas de leader. C'est la communauté qui décide, lors de ses réunions.
Le mouvement est composé de n'importe qui. Il n'y a aucune discrimination physique, sociale ou politique puisque tout le monde est anonyme.
Anonymous se divise en ateliers indépendants comportant moins de quatre personnes ("s'il y en a plus, ça devient louche"). Les membres en tant que tel gardent impérativement leur anonymat en public, même en réunion d'Anonymous. Il n'y a qu'au sein de leur atelier que les membres peuvent connaître des informations identitaires sur leurs coéquipiers.
Anonymous est libre d'accès, pour qui respecte les conventions du mouvement. De même qu'à tout moment, les membres sont tout à fait libres de partir s'ils le souhaitent. Et les démissionnaires n'ont à répondre à aucun engagement, si ce n'est de garder l'anonymat de leurs anciens équipiers, pour leur éviter des représailles.
Les réunions se font sur Internet, souvent sur des forums de discussion de type "CHAN IRC" (chat sans identifiant requis). Tout le monde s'appelle par la(ou les) première(s) lettre(s) de leur prénom. Chacun y va de ses propositions, et si l'une d'entre elles remporte le plus de succès, elle est naturellement adoptée. Cela peut aller très vite (moins de dix minutes). Si aucune ne plaît, rien est fait.

Le fait que tous n'obéissent qu'à leur conscience individuelle, permet d'éviter le détournement du mouvement. Les mauvaises idées sont critiquées et abandonnées.
De plus, Anonymous cultive le regard critique et déconseille fortement le fait de se distinguer de la masse ou d'opter pour une attitude de soumission à un quelque leader que ce soit. Ceci, toujours pour la survie d'Anonymous. Beaucoup ont protesté contre cette attitude, lorsque Julian Assange fût au sommet de sa gloire.

Les arrestations des membres ne portent pas atteinte à l'ensemble d'Anonymous. Lorsque des membres se font arrêter par les autorités en place, ces derniers ne peuvent dénoncer uniquement que leurs coéquipiers d’atelier (seulement une ou deux personnes).
De toute façon, Anonymous est un concept. Aussi, même si le mouvement était réduit à néant, l'idée reste et une nouvelle communauté peut en naître.

Failles

Mais cette organisation protectrice comporte néanmoins quelques failles :

N'importe qui peut revendiquer une attaque au nom d'Anonymous, dire des erreurs ou calomnier sur le mouvement. C'est une source efficace de discrédit, même si cela reste extérieur : pour qui connaît quelque peu cette mouvance, un tel détournement médiatique est trop identifiable. Anonymous ne lutte pas contre la population car il en fait partie intégrante. Anonymous est dirigé vers la défense commune.

Ensuite, la masse populaire n'est pas exempte de se tromper. On l'a vu de nombreuses fois, Anonymous ne s'est pas toujours comporté de façon sage. La fausse opération contre Facebook, l'attaque du site du Parlement Européen ou celle du site Lexpress.fr en sont des exemples. Ajoutons la prise de parti pour les révolutionnaires arabes au point de bloquer les communications par fax des gouvernements, qui est tout à fait contraire aux valeurs de paix et de liberté de communication d'Anonymous. (Il est d'ailleurs fort probable que ces révolutions arabes aient été provoquées et manipulées, pour ne bénéficier au final qu'aux puissances financières.)

Et objections

Après réflexion, on peut douter de l'efficacité d'une telle forme :

Objecter par exemple, le fait que la hiérarchie est un principe naturel sans lequel rien de constructif ne peut sortir. Aussi, le mouvement n'a-t-il pas malgré tout le risque de se faire mal guider ? Al-Kaïda ne se prétendait-il pas aussi "horizontal" et sans leader ?
Certes, sous une telle forme de concertation, il est obligatoire d'y avoir une influence pour que le groupe soit constructif. Mais cela ne peut en aucun cas autoriser l'apparition d'un quelconque chef, même local. Et encore moins un contrôle général.
C'est tout le but auto-protecteur du principe Anonymous. L'influence ne vient pas d'un seul membre, il vient d'une vaste oligarchie changeante, choisie par le plus grand nombre à cause des compétence et de l'intelligence. C'est une sorte de méritocratie, comme le disent Frédéric Bardeau et Nicolas Danet.
wise beard man
D'ailleurs le cas du "Wise Beard Man" ("sage barbu") est à ce jour la seule personne qui à réussi à elle seule, à influencer le mouvement Anonymous. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il avait de bonnes idées, et que les anons ont jugé bon de faire circuler son sage avis. Si cela n'avait été que des bêtises, l'info serait restée enfouie et on aurait jamais entendu parler de ce Mark Bunker. Même Julian Assange n'a pas réussi cet exploit : on ne peut pas dire que Wikileaks ait autant changé la ligne de conduite d'Anonymous.

Autre objection : le concept Anonymous n'est pas bien défini et il n'existe aucun leader pour le définir. Alors quel est-il ce concept ? Comment la cohésion peut-elle demeurer autour d'un concept aussi flou ?

Il en est de même pour les phénomènes de masse en général. Quand bien même une personne donnera l'idée de départ, bien définie, celle-ci sera modifiée par la communauté lors de son appropriation. Et impossible ensuite de la définir correctement. Les mèmes ou "phénomènes Internet" en sont un exemple, tout comme certaines expressions locales dont on ne retrouve plus l'historique sémantique.
Une telle forme ressemble beaucoup à un "Stand Alone Complex" : une imitation et une adhésion commune formant un tout, pour un but commun.
La cohésion demeure parce qu’il y a des valeurs et une cause qui sont communs.

Les symboles

guy fawkes maskJe ne connais pas tous les symboles d'Anonymous. Je sais qu'il y a plusieurs références au film V pour Vandetta (note 2), le masque (de Guy Fawkes) y est tout droit sorti.

logo anonymousConcernant le logo, l'homme costumé sans tête évoque l'anonymat, mais pas seulement. Le fait qu'il soit collé sur le logo de l'ONU signifie le caractère mondial du mouvement. En définitive, ce costume représente Anonymous : unité sans tête (sans leader), anonyme et mondiale.

L'omniprésence du noir est sans doute pour paraître quelque peu occulte et faire peur (bien qu'Anonymous n'a rien d'occulte, si ce n'est l'identité de chacun). Ou alors c'est involontaire, car on utilise principalement la couleur noire pour dissimuler (ici, son identité).

Ajoutons pour finir, beaucoup de références de la culture du Net, des jeux vidéos et du cinéma.

Historique

En 2006, "Great Habbo Raid of '06" fût une des premières opérations Anonymous, provenant de 4chan. C'était un sitting virtuel pour s'indigner de l'interdiction de baignade, dans la piscine d'Alabama parc, d'un enfant atteint du SIDA. L'opération fût renouvelée certaines années.

En 2006 et début 2007, Anonymous à bloqué les sites Web d'un webcaster nationaliste, voire raciste : Hal Turner. Les attaques se poursuivant à chaque nouvelle "dérive" de l'animateur, elles ont conduit à la fermeture de l'émission, fin 2008.

En 2007, Anonymous à aussi contribué à traquer un pédophile (Chris Forcand) et à le conduire en justice.

Mais le premier combat d'envergure internationale d'Anonymous commença en 2008, aux États-Unis : celui d'enrayer les ravages sectaires de l'église de Scientologie, influente (surtout aux USA), ruineuse, abusive et tyrannique (note 1).
photo anons scientoDébut de 2008, les pressions et les efforts de censure de la secte, concernant l'autobiographie de l'acteur Tom Cruise, a attiré l'attention d'Anonymous. Cette censure, qui n'était qu'une infime partie des abus sectaires de la scientologie ne fût pas du goût d'Anonymous.
Même si les attaques, ne furent que d’inoffensives vexations, elles restaient néanmoins très impressionnantes, car plein de potentiel. Ajoutons que les répliques de la secte n'ont fait que de mettre de l'huile sur le feu de la révolte. Notons en passant que, s'attaquer à cette organisation comporte trop de risques si l'on se montre sous sa véritable identité. A la moindre nuisance, vous êtes fichés. On porte atteinte à votre réputation et vos biens. Et dans la rue, vous risquez constamment l'agression.
Aujourd'hui, "Le projet Chanology" est un combat sérieux qui reste encore l'objectif majeur du mouvement. On peut dire à juste titre qu'il est l'âme du mouvement Anonymous.

Fin juin 2008, suite aux insultes des internautes de SOHH contre les membres d'Anonymous, un raid par étapes fût organisé contre le site SOHH. Suite à cet événement, l'administration d'un autre site nommé AllHipHop, révélait qu'il coopérerait avec SOHH dans le but de lutter contre "ces cyber-terroristes". L'attaque fût donc répétée contre ce deuxième site. On y a déploré des intentions parfois racistes.

En janvier 2009, des anonymes se sont lâchement attaqués à un adolescent propriétaire du site No Cussing Club, un site contre les insultes. Publiant son identité, lui et sa famille furent la cible des canulars les plus divers.

Le 20 mai 2009, Anonymous charge une énorme quantité de vidéos pornographiques sur Youtube, en protestation face aux suppressions de vidéo-clips de la plateforme. Bon nombre de ces vidéos sont marquées en tant que contenus pour enfant ou familiaux avec quelques mots clés comme "Jonas brothers". Bien évidemment, YouTube a depuis supprimé toutes les vidéos chargées sur le site.
anonymous iran
Lors des protestations postélectorales Iraniennes en 2009, Anonymous, associé à The Pirate Bay et de nombreux pirates iraniens, se sont ligués pour combattre la censure et le monopole de l'information iranienne. Un site de support nommé "Anonymous Iran" fût créé pour atteindre 22 000 participants à travers le monde, devenant la passerelle principale de l'information libre monde-Iran.

operation paybackDébut 2010, le chavirement du site The Pirate Bay révolte une grande partie du Net, qui voit dans les méthodes de fermeture du site, une etteinte à l'internet libre. Dans ce contexte naît l'opération Payback.
Peu de temps après, le site Wikileaks se voit sans raison justifiable, coupé de ses sources de revenu : décision politique de Paypal, Visa et MasterCard dans l'optique de faire tomber le site. Tout l'Internet est indigné, et la campagne Avenge Assange fait tomber les sites de ces banques. L'attaque du déni de service DDOS est popularisé avec LOIC.

Le 10 février 2010, des manifestations ont été faites envers le gouvernement australien concernant un projet de filtrage sur Internet (censure de vidéos pornographiques spéciales). Quelques heures plus tôt, Anonymous envoie une vidéo sur YouTube, s'adressant à Kevin Rudd et Seven News, exposant une liste d'exigences et de menaces.

L’opération Leakspin, rebaptisée ultérieurement Crowdleak, est née de la volonté de faciliter la diffusion des 250 000 câbles diplomatiques américains, recueillis par Wikileaks et progressivement mis en ligne depuis le 28 novembre 2010, en partenariat avec des médias. Cette opération vise notamment à faire vivre un espace de débat et d’analyse de ces textes.

Durant le mois de novembre, également, en France, le groupe médiatise sa réticence face à la loi Hadopi et envisage une attaque par DDoS sur le site officiel. Cependant, l'attaque, prévue pour le samedi 6 novembre 2010, ne s'est jamais produite.

Les sites Internet du gouvernement de Zimbabwe ont été ciblés par Anonymous suite aux censures de documents WikiLeaks.

En janvier 2011, Anonymous parvient à infiltrer un vaste réseau pédophile et fait tomber "Freedom Hosting", considéré comme l’un des principaux hébergeurs de sites pédopornographiques œuvrant sur le réseau "Tor" (un réseau anonyme et sécurisé). S'en est également suivi la publication des comptes du site Lolita City, qui était un des principaux sites de pornographie infantile.

Lors des élections générales irlandaises de 2011, le site du parti politique irlandais Fine Gael est défaçé par Anonymous, dénonçant la sourde oreille du parti.

Anonymous TunisieLe gouvernement de Ben Ali (Tunisie) censure l'Internet tunisien lors de la révolution de 2011. Anonymous soutient alors la liberté de communication, d'anonymat et de partage entre internautes tunisiens avec l'Opération Tunisie.
Divers attaques de saturation et défaçages de sites sont réalisés sur les sites gouvernementaux tunisiens.

Les pages Internet du ministère de l'information et du parti démocratique du président Hosni Mubarak ont été mises hors-ligne par Anonymous dans le but d'encourager la Révolution égyptienne de 2011.

Le dimanche 7 août 2011, en soutien aux révolutionnaires syriens, Anonymous déface le site du ministère de la défense syrien, et y affiche un message de soutient au peuple. Le site est resté inaccessible pendant plusieurs jours.

En avril 2011, Sony déclare après la publication de Gehot sur un faille de sécurité : « Sony s'engage à éliminer tous les hackers de la Playstation 3 ». Insultés, les hackers défendent Gehot pour leur droit au full disclosure et appellent au boycott des magasins Sony.
Le 17 avril Anonymous attaque Sony et son Playstation Network (PSN), pour rappeler que les joueurs ne sont pas que des sources de revenus et qu'ils ont des droits, notamment l'usage complet des appareils achetés.

Anonymous s'associe avec Lulzsec pour infiltrer plusieurs sites pour en diffuser des contenus compromettants. Sont visés des sites américains, mais aussi de Tunisie, Anguilla, Brésil, Zimbabwe, Turquie et Australie. Le 21 juillet, Anonymous diffuse ainsi des documents PDF extraits du site de l'OTAN.

Vers mai 2011, une campagne de sensibilisation anti-facebook se prépare, pour dénoncer sa mauvaise gestion de la vie privée des inscrits, et la complicité d'espionnage et de censure avec certains gouvernements.
Début août, une opération immature, visant à faire tomber Facebook le 5 novembre 2011 fait buzz, alors qu'elle va à l'encontre des valeurs soutenues par Anonymous (Facebook restant un média social à part entière). Anonymous dément quelques semaines plus tard, et dans l'incertitude l'opération échoue.

Je vous laisse lire le reste sur cette page Wikipedia, qui risque de se voir modifier de nombreuses fois...

Mode opératoire

Fréderic Bardeau et Nicolas Danet nous disent qu'une action Anonymous débute généralement sur un chan, souvent "AnonOps" ou "Anonymous_France".
Ça discute sur Monsanto, la Syrie ou ArcelorMittal. Là, des personnes proposent de créer un chan spécifique sur le thème qui prend. Hop, les discussions qui s'y rapportent vont sur le nouveau chan. Après, se pose la question : est-ce qu'on ouvre un Pad ? (Une application Web pour créer un document à plusieurs.) C'est ce qui va faire office de communiqué sur l'opération. Après, on fait du prosélytisme et la publicité du Pad sur d'autres chans généralistes. C'est le début. Puis il y a des allers-retours jusqu'à la réunion d'une masse critique d'internautes pour programmer une opération.

En conclusion

Pour résumer, Anonymous désigne deux choses, "le contenu" et "le contenant" :

-> Le concept, qui n'est qu'un outil numérique pratique et organisationnel, mis à la disposition de toute communauté qui souhaite réagir contre son/ses oppresseur(s) ou agresseur(s).

-> Ou la communauté unie pour réagit contre son/ses oppresseur(s) ou agresseur(s) commun(s), par le biais de "l'outil Anonymous" (le concept).


Actuellement, on est loin d'un Anonymous adolescent sorti directement de 4chan. L'organisation est devenue indépendante de ces imageboards, voire même indépendante des difficultés informatiques au vu de la démocratisation du concept et de sa descente dans les rues. Et Anonymous s'est surtout structuré au fil du temps pour se doter d'une topologie de réseau organisationnel plutôt bien protectrice.

Peut-on parler de "menace Anonymous" et pour qui ?

Anonymous n'agit pas en tant que tel : il réagit plutôt qu'il n'agit (comme le dit si justement Nil Sanyas).
Anonymous, c'est tout un chacun qui se révolte contre une oppression. La menace s'adresse aux pouvoirs politiques et financiers qui briment ou qui malmènent les gens. Les auteurs de mesures de censure et de contrôle de l'information sont surtout visés.
La menace est-elle forte ? Oui et non. Benjamin Bayart l'explique bien : les attaques sont des manifestation peu violentes de bidouilleurs, qui témoignent d'une révolte mal refoulée de la part de la population civille. Ce ne sont pour l'instant que des gamineries, il n'a jamais été question de menace pour la stabilité du pays comme attaquer des sites industriels, des centrales nucléaires, les transports en commun ou les réseaux d'eau et d'électricité.
Néanmoins, même par de ridicules "pieds de nez" c'est le peuple qui gronde derrière. C'est un témoin de rébellion populaire. Et c'est sous cet angle de vision que nos politiques devraient voir ce mouvement. Ils ne devraient pas le sous-estimer ou le criminaliser comme ils le font. Cela ne fait qu'augmenter le clivage et la pression. A terme, cela peut conduire à la guerre civile.

manif acta

J'espère que ce billet vous aura plu.

Ressources

Édito de PcInPact : "les Anonymous, qui sont-ils, comment les reconnaître ?"
Interview écrit de Frédéric Bardeau et de Nicolas Danet, par Les Inrocks (14 février 2012).
Dossier explicatif Anonymous : ces gamins bricoleurs contre lesquels les Etats ne peuvent guère lutter par Benjamin Bayart (25 janvier 2012).
Interview écrit de Frédéric Bardeau, Co-auteur de "Anonymous : peuvent-ils changer le monde ?" par Boris Manenti (18 novembre 2011).
Interview vidéo de Frédéric Bardeau sur France 24 (20 décembre 2011).
A ce sujet, un article de 2010 et un autre de 2011 par Fabrice Epelboin.

Notes

1. Attention, je parle bien d'église de scientologie, en tant qu'organisation, je ne désigne pas ici la religion scientologiste que je ne peux pas juger, car je ne l'ai jamais étudié.
2. Il va falloir que je me le regarde un de ces jours ce film (sur MegaVidéo ou Allostreaming, lol).
3. Record de longueur de billet, et certainement futur record du nombre de commentaires sur Ayawooga. ^‿^

Mise à jour

Quelques erreurs :
Ce n'est pas forcé que chaque groupe local (atelier) soit réduit à moins de quatre personnes.
Les anonymes utilisent généralement leurs pseudos (non pas la première lettre de leur prénom) pour se différencier.
Ajouts :
Précision de taille : Anonymous est apolitique.
La définition sur Wikipedia, que je trouve très juste.
Excellents articles sur Anonymous suite aux deux premiers essais d'interviews collectifs : OWNI : L'opération com d'Anonymous ; Le Mouv' : Anonymous cherche sa voix ; Le Parisien : art.1, art.2 ; France-Info : art.1 et art.2.

Si vous désirez contacter des membres, voilà les principales pistes :
Anonnews.org (US), Anonops.blogspot.com (FR et US), Chan IRC AnonOps Francophone (channel : #Francophone) (tuto), forum WhyWeProtest.

samedi 4 février 2012
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Y-a le bon hacker et le mauvais hacker... (les inconnus)
Il y a ceux qu'on appelle "white hats", qui sont bien intentionnés, les "black hats" par contre le sont mal, et les "grey hats" sont entre les deux. Sans parler des crackers, des lamers et des pirates... Pas facile de s'y retrouver. Alors un petit cours s'impose :


Je vais vous expliquer ce qu'est un hacker et ce qui ne l'est pas. Attention, c'est long, et ça paraît compliqué, mais c'est un effet d'optique. Vous verrez qu'il n'y a rien de sorcier et que ça se lit tout seul.

Le hacker : définition populaire faussée

piratePour la plupart des gens, un hacker est un mix entre pirate et cheval de Troyes :
Un vilain personnage dont l'activité mafieuse consiste à s'immiscer sournoisement dans un espace numérique privé, pour en usurper le contrôle. Les méfaits s'en suivent : destruction, vol de données, infections virales et autres joyeusetés.
Joli portrait, non ? En réalité c'est énorme glissement de sens :

Le hacker : définition originelle et vraie

Gaston LagaffeUn hacker est avant tout un débrouillard passionné de possibilités techniques. La technique, c'est son dada : il l'étudie, l'éprouve, la bricole... Il en fait son jouet pour lui tirer tout son potentiel. Le must étant de détourner la fonction première de l'objet étudié, pour en produire une nouvelle.

Il existe des hackers dans tous les domaines : sécurité informatique, développement web ou logiciel, robotique, mécanique automobile, physique, chimie... Bref, quasiment tous les secteurs techniques.

Hacker n'est donc pas du tout synonyme de pirate. Et c'est même loin d'être péjoratif. Au contraire, c'est une gratification, une marque d'expérience et de débrouillardise ! D'ailleurs, on ne s'autoproclame pas "hacker", à moins d'être vantard.

Vous cherchez des synonymes ? "Bidouilleur", ou "bricoleur" semblent les plus proches. Pour le verbe "hacker", on pourra utiliser "s'approprier", "détourner" ou toujours "bricoler", "bidouiller".

Plus de hacker, plus d’innovation

préhistoireL'innovation, le peaufinage, l'enrichissement des fonctions sont les fruits du hacking. Mais c'est surtout l'innovation qui motive le hacker.

D'ailleurs, vous supprimez les hacker, vous supprimez l'innovation. C'est implacablement logique. Les inventeurs sont des hackers ; et les hackers, aussi amateurs soient-ils, sont des inventeurs à leur mesure.

On doit donc aux hackers, toute la richesse technique que peut nous offrir notre environnement civilisé. C'en est incalculable ! Alors, merci les hackers ! Vous ne méritez vraiment pas votre mauvaise réputation !

Pour mieux vous le prouver, je vais attaquer maintenant le domaine qui fait le plus polémique :

Le hacker en sécurité informatique

Le terme hacker n'est plus utilisé aujourd'hui que pour un seul secteur : la mise à l'épreuve de la sécurité informatique. Même au sein de la profession, c'est le terme usité. Ailleurs, on utilise les synonymes sus-cités.

La définition du hacker change alors : elle est restreinte à ce domaine.
Mais elle ne rejoint en rien la péjorative définition populaire.
security test
Le rôle du hacker en sécurité informatique est de mettre à l'épreuve les systèmes de cette sécurité. Il en est un testeur, que ce soit en intrusion, en destruction, en usurpation ou en détournement.
De tout temps, ce nécessaire rôle de hacker à été joué par les techniciens. Et cela, avant même l'arrivé de l'équipement numérique et d'Internet.

Car tout réseau d'information privée est un réseau de communication qui doit rester confidentielle. que ce soit une administration, un atelier ou une société... Il faut donc se prémunir des fuites d'information. C'est une question de sécurité.
Or, pour que ces mesures soient efficaces, il faut les mettre à l'épreuve ! C'est le rôle du hacker en sécurité informatique.
Le rôle du hacker n'est pas de pirater ! Ni même de profiter des failles qu'il a trouvé... Son rôle est de lutter contre la piraterie et la cybercriminalité par une mise en garde des failles de sécurité.

Au contraire du hacker, le pirate ou le criminel n'avertit pas ! Il ne partage ses trouvailles qu'à ses compères, seulement s'il en tire un avantage.
Or, interdire le hacking, c'est favoriser la cybercriminalité et le piratage! En supprimant toute la recherche et la prévention des hackers, vous laissez le monopole de la recherche des failles de sécurité aux cybercriminels et aux pirates... Très très mauvaise idée !!!

Aussi légitime soit-il, le rôle du hacker en sécurité informatique est incompris :
Incompris par la classe politique, et même pire : incompris pas la classe juridique !
Le détournement est sévèrement puni, même si le matériel vous appartient, vous n'avez pas le droit de le modifier :
"Le fait d'entraver ou de fausser le fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende. ".
Mais aussi l'inspection de systèmes de données privés, même si l'appareil vous appartient et qu'il est susceptible d'être malveillant :
"Le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende." (source).
Autre exemple : est interdite la publication de faille de sécurité, même si cette faille a volontairement été laissée telle quelle, par l'éditeur averti. Ce principe appelé "full disclosure" est juridiquement puni, alors qu'il est nécessaire au maintient de la sécurité générale...

Le savoir et la transparence pour tous

Tout technicien passionné, aspire au partage de ses trouvailles, et donc de ses connaissances. Non-seulement entre confrères, mais aussi pour tout le monde :
Tout hacker se rappelle qu'il n'a été qu'un amateur à ses débuts. Il sait que, pour la sauvegarde et la prolongation de sa passion, il devra partager et même vulgariser son savoir !

Plus encore en sécurité :
Pragma (hacker en sécurité des systèmes électroniques) dit en substance que la meilleure sécurité exige la transparence de l'outil. Vous avez le droit de démonter votre serrure pour en vérifier l'efficacité et l'objectivité de son fonctionnement. Votre voisin peut faire de même avec la sienne. Et pourtant, c'est elle qui l’empêchera toujours de rentrer chez vous !
Cette transparence est tout ce qu'il y a de plus rassurant : tout un chacun peut constater que tel ou tel appareil de sécurité ne cache pas un dispositif mauvais ou malsain. (Source : table ronde "Les hackers sortent du bois" de TechTocTV)

Ainsi, la quête du hacker - surtout dans ce domaine - est aussi la transparence de l'outil. Si l'on cache, rien n’empêche que l'on puisse trouver ce qui était dissimulé. Que ce soit en bien ou en mal : si un pirate ou un cybercriminel découvre une porte cachée, ou une faille dans un logiciel, il pourra s'en servir pour ses méfaits.

Si demain, il n'y avait plus de hackers :
Plus personne ne sera là pour vulgariser la technique. L'informatique et tout univers technique sera autant de secrets professionnels. L'ordinateur sera une boite noire, au même titre que la machin-box ou les logiciels...
Plus personne, non-plus, ne sera là pour contrôler le contenu de tout dispositif technique. Libre à tout éditeur ou fabricant, d'y dissimuler un appareil espion ou abusif.

L'actualité vient d'ailleurs de nous rappeler ces risques : les "compteurs communicants" d'ERDF pourraient comporter de dangereuses failles de sécurité. (Affaire à suivre.)

Les faux hackers

Le geek :
Le geek, dans sa définition originelle, se rapproche du hacker, sans pour autant s'y confondre :
Bien que la définition populaire le restreigne au milieu technologique, le geek est un fan : un adepte fasciné de tel ou tel sujet.
Il existe des geeks de football, d'astronomie, de chimie, de conception automobile...
Le geek n'est pourtant pas hacker, parce qu’il n'est pas parvenu au stade de technicien. Bien qu'initié, il reste au stade de fan.

Le pirate :
Quelqu'un qui télécharge illégalement du contenu culturel n'est pas un pirate. Le téléchargement n'est même pas du vol, puisque copier c'est dupliquer. C'est donc multiplier, et non soustraire. Cet amalgame est un mensonge à l'origine de la campagne que bat "l'industrie culturelle".

Le pirate substitue violemment le bien d'autrui. Il viole, détourne (pour un but malveillant) et détruit sur son passage. Cette piraterie implique un intérêt pécuniaire. C'est une activité mafieuse.
Dans le domaine informatique, c'est un technicien véreux qui viole la sécurité et la détourne. Ceci, soit pour récupérer des données sensibles et donc négociables, soit pour prendre secrètement le contrôle de machines qui lui serviront d'équipement. Il peut être aussi amené à faire du terrorisme en infectant des réseaux, détruisant des données, du matériel...

Synonymes : mafieux, véreux.

Le cracker :
Le cracker est un pirate, spécialisé dans la violation de protections ou de bridage. Par exemple, les mots de passe, les pare-feu, les DRM, etc.

Le cybercriminel :
Pirate, dont l'activité peut relever du crime. Ou inversement : criminel dont l'activité peut relever de la piraterie.
Par exemple : le terrorisme, la pédophilie, etc.

Le lamer :
Délinquant qui cherche la gloire. Il se prétend hacker, tout en exploitant ouvertement les failles de sécurité, et détruire ostensiblement.
Il veut se faire remarquer, brandit ses "exploits" de faux hacker. Ou bien, il viole et détruit pour le challenge.

Tout débutant hacker en sécurité s'est plu à être quelque peu lamer. Mais c'est un manque de maturité vite regretté. Car le lamer ne tire aucun profit de sa délinquance, bien au contraire.

Synonymes : casseur, délinquant, mauvais garçon, voyou.

Le script-kiddie :
En plus d'être un lamer, ce jeune délinquant est un débutant inexpérimenté et ignare. Il se sert donc de bouts de lignes de code (scripts) glanés sur Internet, et d'outils mal trafiqués.

L'anonymous :
Ce peut-être un hacker, un lamer ou tout autre technicien (pirate et cybercriminel compris), qui se prétend anonyme et défenseur des intérêts des internautes. Cet idéal porte le nom d'Anonymous. L'activité de ces anonymes consiste à faire pression contre une instance faisant preuve d'injustice envers les internautes.
Le peuple fait ainsi justice lui-même en punissant des états, des multinationales, des religions, etc. Par le biais d'attaques informatiques anonymes.

C'est donc un concept de désobéissance civile, anonyme, anarchiste. Si sa légitimité fait débat, le concept attire en masse les lamers et script kiddies, au détriment de la réputation de cette communauté.

Synonyme : anarchiste, révolutionnaire.

Conclusion

Je pense que ça valait le coup de clarifier tout cela. Il est important de mettre fin à la diabolisation des hackers en sécurité (informatique, électronique, robotique, etc.). Ce sont des rôles plus que nécessaires, et même un beau métier, on peut le dire !
Car les mentalités n'ont pas changé : les gens, les entreprises, les politiques, la loi, même (!), continue à considérer le hacking comme une forme de piraterie.
C'est bien triste.

Alors parlez-en ! Diffusez ce billet (copiez-le, citez-le, mettez-le en lien...) pour que les mentalités changent, et que cette persécution cesse.

hacker t-shirt
"Je ne suis pas un hacker, je suis un professionnel en sécurité".
Condor (Kevin Mitnick). source.

vendredi 18 novembre 2011
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Je vais vous prouver que les geeks ne sont pas tristes en vous faisant découvrir les mèmes :
Vous connaissez certainement le légendaire Chuck Norris, peut-être aussi Nyan Cat, Pedobear, ou encore Troll face...


Des délires de ce genre, il y en existe des tonnes sur le Net. Et on les doit à toute cette communauté mondiale de geeks, active sur Internet.
Toutes ces bêtises sont appelés mèmes (accent aigu sur le E) ou "phénomènes Internet" : des images ou vidéos, qui ont fait buzz et qui sont alors reprises partout. Et c'est souvent très drôle.
Quand je dis partout, c'est partout : même Google ou iTunes s'en amusent.



Je vais donc tenter de vous en présenter les principaux. Et de vous expliquer le contexte dans lequel ils apparaissent.

Comme cela risque de prendre beaucoup de place, je les publierai en plusieurs billets.

Voici la première partie : les chats les plus célèbres du Net :

Everyday is Caturday !

Les lolcats sont des images de chat diffusées sur le Net (qui n'est fait que de ça). Soit l'image est délirante d'origine. Soit elle est détournée pour lui donner un nouveau jour humoristique. Le site I Can Haz Cheezburger? en est la plaque tournante.

Attention : tous les lolcats ne sont pas des phénomènes Internet !
En revanche, certains d'entre eux ont eu beaucoup de succès et sont devenus des mèmes. Voici les plus courants :


Nyan Cat :
nyan catL’insupportable, le tout pixellisé, l'adorable petit chaton-biscuit et sa musique infernale, qui répand son inséparable arc-en-ciel en courant. Nyan-nyan-nyan-nyan-nyan-nyan-nyan... On n'y résiste pas longtemps.
Il n'y a rien à expliquer, c'est de l'humour purement absurde. Simplement, cela peut évoquer la joie de vivre. Et puis avouez que c'est mignon, non ? Sympa, coloré... D'ailleurs, les petits enfants adorent.
Son double maléfique, Tac Nayn, est bien moins joyeux, non ?
Si vous êtes lassé, sachez qu'il en existe plein de versions. Il y en a pour presque tous les goûts musicaux, et même pour toutes les nations...

Contexte : quand vous voulez. Mais c'est une arme à double tranchant : ça peut remonter le moral comme ça peut l'achever. Chanter sa musique entêtante, tricoter une écharpe Nyan-Cat, le mettre en écran de veille, le coller partout... C'est la grande mode, tout le monde en est nyan-nyan ! (ou allergique) Même iTunes est fan.


Keyboard Cat :
keyboard catVieux mème, où un pépère chat joue sur un synthé avec un mélange de passion et de mollesse, une musique quelque peu idiote. C'est un trucage tout bête, la résolution est très amateur, c'est tout ce qu'il y a de plus loufoque et donc drôle.

Contexte : l'utilisation est assez variée. Vous pouvez l'utiliser pour accentuer l'ironie du sort, précédé des mots "Game Over!". Ou proposer une petite pause récréative. Exemple : "Hop ! Ça vous dit un peu de musique ? Dut-dut-dut-dut-dut-duduuut-dut!"...

long cat
Long Cat :
Long Cat is loooooooong !
C'est le chat le plus long. Son corps s'allonge à l'infini. Face à son double maléfique : Tacgnol il représente le combat entre le bien et le mal. S'affrontant au delà de l'univers pour l'équilibre du Yin et du Yang. Blablabla... Bref ! Long Cat est une légende d'Internet ! Et comme toutes ses légendes loufoques, elle se moque des gens trop sérieux.

Contexte : Très célèbre sur le Net. Il s'utilise lorsqu'on parle d'une grande longueur. Ou tout autre sujet qui puisse faire le lien avec ce chat unique.


Serious Cat :
Rien ne peut faire rire ce drôle de chat !
Serious CatC'est l'implacable sévérité du vieux professeur expérimenté, qui ne trouve rien de rigolo à la vie.

Contexte : vous êtes vexés ? Vous demandez plus de sérieux ? Vous ne trouvez pas ça drôle ? Alors c'est le moment de faire appel à serious cat. Et pourquoi pas l'accompagner des phrases types "Not amused" (ça ne m'amuse pas) ou "Serious cat doesn't approve this topic" (Serious cat n'approuve pas ce sujet).
Même au contraire, vous pouvez rajouter une couche d'ironie, en faisant approuver votre sujet pas Serious Cat : "Serious cat approve this topic."


Lime Cat :
Lime CatCe chat est un haut personnage, qui mérite toute l'attention que mérite sa noble et illustre personne, daignant vous observer de son regard condescendant (et terrifiant). Il lui faut impérativement répondre à son insatiable mécontentement. Car très souvent, Lime Cat n'est pas content ! (Limecat is not pleased.)
Son couvre-chef, que dis-je !? Son heaume, sa couronne ? Une écorce de citron vert (non ! On me dit dans l'oreillette qu'il s'agit d'un pamplemousse). N'est-ce pas euh... débile ?!

Contexte : Parfaitement, Lime Cat sert à se moquer des personnes vaniteuses qui se prennent trop au sérieux. A ces gens, il leur faut signaler qu'au dessus d'eux, il y a le grand Liiime Caaat ! Et qu'il faut vite vite le contenter parce qu’il n'est pas content ! Vous vous moquez ?! Honte à vous ! Lime Cat vous regarde et vous juge !
Personne n'a le droit de discuter la haute parole de Lime Cat. Aussi, faites appel à lui lorsque vous voulez clore un débat polémique, de la même façon qu'avec Serious Cat.


OMG Cat :
OMG CatQuel choc ! C'en est tellement inimaginable que ce pauvre chat reste muet de surprise.
Cette vieille vidéo continue à tourner encore et encore sur le Web, certainement à cause de l'incroyable expression du chat.

Contexte : s'utilise au cas où vous êtes tellement stupéfait que les mots vous manquent. Ou lorsque le délire de vos compères atteint des sommets qui vous étonnent.


Voilà le principal. Mais ce n'est pas exhaustif ! Il y a aussi Monorail Cat, That fucking cat, Ceiling cat, Standing Cat, Surprised Kitty, I Made You a Cookie But I Eated It, etc.
Ce serait vraiment trop long de les répertorier tous.

A très bientôt pour d'autres mèmes.

mercredi 16 novembre 2011
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Ça y est, nous y voilà : le gouvernement français prive officiellement tous ses citoyens d'Internet !!!
Bienvenue sur France Net ! L'internet civilisé à la chinoise à la française... L’internet filtré !


C'est au travers de la loi Loppsi, version 2 (adoptée), que notre gouvernement à coupé son peuple (sans lui demander son avis) du vrai Réseau des Réseaux.
Dorénavant, dehors il y a Internet, et chez nous : Internet par Nicolas Sarkozy...
Pas de dispute, personne n'y échappe.

1 000 sites rayés du Net français, mais pas seulement :

You..What have you done?L'annonce officielle prévoyait de rendre inaccessible aux français, milles sites, qui selon le gouvernement, donnerait accès à du contenu pédopornographique.
Le 7 novembre 2011, vers 14h05 (UTC), les ponts sont coupés : environ un millier de connexions tombent effectivement, mais ce n'est pas tout !
Plusieurs infrastructures sans rapport avec la pédophilie, ont été perturbées, ont planté, ou ont été déconnectées du même coup...

Je vous épargne les détails techniques. Simplement, le Web et Internet en général n'est pas une affaire simpliste, et notre Gouvernement (qui s'est toujours démarqué par son manque de compétences techniques en la matière) le prouve à nouveau.

En définitive, ce filtrage nuit aux honnêtes gens ! Il leur empêche de travailler, il nuit à la réputation de sites, et d'infrastructure, provoquant pertes et dommages à des entreprises honnêtes !!!

Vous avez dit démocratie ?

Cette liste noire n'est heureusement pas publiée : ce serait aider les pédophiles à recruter... Là n'est pas le reproche.
Le souci est qu'aucune personne indépendante du pouvoir politique n'en connait le contenu, ou y a accès. Elle est réservée au ministère de l'intérieur, et c'est tout !
Personne donc, à part ces politiques, ne peut savoir si cette liste ne désigne réellement que des sites à contenu pédopornographique. Ni la CNIL, ni le parlement.
Il semble bien possible à tout site web, d'être bloqué par certains politiques ou ami de politiques... sous n'importe quel prétexte.
U MAD BRO
En effet, le blocage de site n'est qu'une procédure administrative. Elle se fait sans juge. Et surtout, sans le moindre recours, même en cas d'erreur !!!
Aussi incroyablement stupide que cela puisse paraître, cela n'est pas prévu. Et de toute façon, il est impossible de vérifier qu’un site se trouve bien dans cette liste, puisqu'il est interdit d'y avoir accès...
Pourtant, le sur-blocage n'est pas un risque, c'est une certitude ! Toutes les tentatives précédentes de filtrage similaires, dans d'autres pays, en ont fait état.

Aussi, le Gouvernement s'imagine-t-il que la majorité des français soient pro-pédophilie ?
Je rappelle que cette loi Loppsi, même sa deuxième version, à fait l'objet de nombreuses huées de la part du peuple français (manifestations dans plusieurs villes). Et pas seulement sur le domaine des technologies de l'information et de la télécommunication.
Nul doute qu'une telle loi aurait succombé à un référendum populaire...

A quoi ça sert ?

Un filtrage du web ne sert à rien. C'est aussi l'avis de certaines associations de protection de l'enfance. l'Allemagne et les Pays-Bas ont d'ailleurs abandonnés cette option.
En effet, ce filtrage est du plus facile à contourner. Un simple proxy à l'étranger permet d'accéder au Net complet. Ainsi, le business des pédophiles sur le Web n'en est aucunement inquiété.
C'est peut-être même bien la norme, chez les pédophiles, que de surfer anonymement pour ses ignobles activités, au travers de nombreux proxys publics étrangers.

Aussi le filtrage ne touche que le Web. Il n'est pas fait cas du Peer to Peer, ou même des échanges par mail. Or, le réseau pédophile ne se contente pas du Web, mais de tout Internet. C'est une véritable chasse au trésor pour échanger du contenu : tout un protocole est nécessaire, qui peut passer à la fois par :

lolcat U cant see me
  • de simples liens sur des pages Web anodines,
  • un mail,
  • une archive sur un site d'échange de fichiers,
  • un logiciel d'échange Peer to Peer,
  • Freenet, etc.

Bref, c'est un réseau d'échange sophistiqué et extrêmement opaque.
Si bien que le seul contact que les enfants peuvent avoir avec ce réseau, c'est par le biais de "prédateurs". C'est à dire, des pédophiles en chasse, sur des plateformes de discussions instantanées, ou dans les jardins publics.
Ces lieux sont-ils concernés par la Loppsi ?... Euh non.

Loppsi semble donc consister à cacher la montagne avec une main, tout en se voilant la face de l'autre pour ignorer le problème.

Vous allez me dire : oui mais elle conserve malgré tout, un intérêt protecteur pour les mineurs. C'est un risque en moins, pour les enfants, de tomber sur des images immondes et traumatisantes.
Impossible !!! Même des journalistes chevronnés ne parviennent pas à trouver un seul contenu pédophile sur le Web ! Aucune chance que vos enfants puissent tomber un jour là-dessus, par hasard !

Les pédophiles vous disent merci !

Dans les faits, à qui profite la loi ?
Accrochez-vous bien : elle sert à la pédophilie ! Oui, oui ! Elle provoque le contraire de ce qu'elle est censée faire !

Au contraire, par son filtrage, qui sera obligatoirement démesuré (ou carrément détourné), ainsi que toutes ses mesures ultra-sécuritaires liberticides, la loi Loppsi va populariser les mesures de contournement (comme pour Hadopi). Et par là, compliquer davantage la recherche des pédophiles en brouillant les pistes.happy pedobear
Ce serait bien trop long de tout expliquer ici : cela représente tout un ouvrage.

Objectif raté, effet contraire ! Loppsi consiste donc à faire l'autruche, tout en supprimant l'accès complet à Internet pour ses citoyens, et facilitant la cyber-pédopornographie. Bravo !

Lutter contre la pédophilie, que faire ?

On l'a vu, le filtrage en aval ne produit rien. L'Allemagne à préféré traiter le mal à la source : supprimer les contenus pédophiles. Il s'avère que l'efficacité du procédé se voit déjà !
La voilà la solution : traiter le problème en amont ! C'est ce qu'à toujours fait la police en France : un personnel est habilité pour lutter contre la pédophilie, c'est l'OCLCTIC : L’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication.
Pourquoi ne pas augmenter son budget ?
Pourquoi tout mélanger ? Ne vaut-il pas mieux ouvrir une section spécialisée à la pédopornographique ?

Plus généralement, la police n'a pas qu'un rôle répressif, elle se doit d'informer : étudier le réseau pédophile et former en conséquence les parents et éducateurs... Pourquoi rien de cela n'est fait ?

Lutter contre la censure, que faire ?

S'informer d'abord, et diffuser l'information autour de vous. Puis aider les regroupements en faveur des libertés d'Internet (la Quadrature du Net en tête).

Ne pas négliger non-plus les idées moins générales, comme cette extension de Mozilla Firefox, qui colle exactement à notre sujet.

Et puis utiliser nos droit d'internautes, ne serait-ce que pour les tester : utilisez l'anonymat, les services de chiffrement, le Peer to Peer (le plus légalement possible), les moyens de contournement, les outils parallèles (Linux, Freenet, etc.)... Si personne ne les utilise, ils disparaitront !

Ressources :


jeudi 3 novembre 2011
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Je vous avais déjà parlé du module complémentaire Adblock Plus, qui permet (initialement) de bloquer efficacement les images publicitaires.
Eh bien sachez qu'il peut vous être utile à d'autres choses.
Voici quelques astuces :

Rappel : Comment installer Adblock Plus ?
Rendez-vous sur cette page, avec Mozilla Firefox. Sachez que d'autres versions existent pour Google Chrome, Internet Explorer (version 7 ou +), Opera et Safari.

Se protéger des malwares

Adblock Plus permet de bloquer tout ce que vous voulez : il suffit de spécifier l'adresse dans la liste de filtres.
Or, il existe des listes toutes faites, dont une qui sert à bloquer de nombreux codes malicieux.

Rendez-vous sur cette page. Puis en bas, dans la partie "Divers", cliquez sur le lien "Malware Domains" (en face "S'abonner").
Il ne vous reste plus qu'à valider l'ajout de l'abonnement.
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Copier une image protégée

Sur certaines pages Web, il arrive que des images soient protégées par un système empêchant leur copie ou leur enregistrement.
Par un calque :
Bêtement, vous pensiez copiez-collez votre image, mais vous vous retrouvez, au final, avec un stupide rectangle transparent.
C'est ballot : l'image que vous aviez copié est en fait un calque pour empêcher la copie de l'image apparaissant dessous.

schéma

C'est très simple : faites un clic droit au dessus de l'image, et bloquez (l'adresse complète) !
Actualisez la page, si besoin, et votre copie devrait bien se passer, cette fois.

Par une restriction du clic droit :
Clic droit, copier. C'est facile à dire ! Mais pas forcément évident : certaines pages web restreignent les commandes du clic droit sur une ou plusieurs de leurs images.

C'est sans compter Adblock Plus : cliquez sur "Bloquer l'image".
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Ne validez surtout pas ! Copiez simplement l'adresse du bas (la plus longue).
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Puis dans un nouvel onglet, collez-la dans la barre d'URL et validez.
Vous pouvez alors copier ou enregistrer votre image en toute tranquillité.
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Contourner la limitation de Deezer

Vous le savez, Deezer à limité la durée d'écoute sur le site, à 5 heures par mois.
Si vous utilisez le navigateur Firefox ou Chrome, vous voilà sauvés !

Tutoriel pour Firefox : - ici -.
Tutoriel pour Chrome : - ici -.

Bloquer l'inutile

En plus de la liste sur les malwares, il existe d'autres listes qui peuvent vous intéresser :
Contenu pour adulte : masque la plupart des contenus pornographiques.
Anti-social : masque la plupart des gadgets pour les réseaux sociaux.
Web-traqueurs : désactive la plupart des robots collecteurs de trafic ou d'infos sur les comportements de surf.

Merci ABP !

Sources :
Sublimigeek
Sebsauvage.net

mardi 25 octobre 2011
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Sujet d'actualité qui ne passionne quasiment que les hackers ou les geeks : l'Internet tel qu'on l'a connu est de plus en plus menacé par des lois et des tendances marketing liberticides.
Le but politique affiché étant la régulation du Net, pour un "Internet civilisé", un "Internet responsable".

Pourquoi vouloir réguler le Net ?

On le sait, la pègre existe et circule aussi sur le Net, comme dans la rue. Pornographie, terrorisme, pédophilie, zoophilie, scatophilie, nazisme, hyper-violence, piraterie, banditisme...
Le Net à remplacé le papier, même clandestin (surtout clandestin). Et il est même devenu beaucoup plus accessible sur ce nouveau média.

La régulation d'Internet voudrait donc fermer l'accès aux internautes, à tous ces contenus néfastes.

Cette fin louable et de bonne intention est défendue main dans la main, par de nombreux politiques et lobbys. Des lois et des mesures ont été mises en place en ce sens, non-seulement en France, mais dans de nombreux pays !

Il y a aussi une réelle volonté de contrôle totalitaire par les États, même des plus démocratiques !
Le salon sur la sécurité intérieure des États : Milipol 2011 (interdit au grand public !), annonce une inquiétante couleur : est à l'honneur la militarisation de la sécurité intérieur, avec des solutions de contrôle et de destruction massives, dont l'espionnage et le filtrage des communications, Internet compris. Sécurité intérieure ? ...Pas vraiment, c'est comme si les États partaient en guerre contre leur propre peuple. Effrayant !
En Allemagne, un mouchard gouvernemental (mal sécurisé en plus) à été découvert. La France, quand à elle, possède le cadre juridique pour en voir fleurir plusieurs. Et elle s'est même équipée de moyens de filtrage incroyables, utilisés par les dictatures qui se sont illustrés lors des révoltes du printemps arabe (!)...

L’internet
versus
L’internet civilisé ou responsable

L’internet :
L’internet par sa définition originelle, c'est la capacité universelle à accéder à tous les contenus, services et applications, et également d'en envoyer. Et c'est donc cette capacité de participation universelle qui fait l'Internet.
Et c'est bien parce que cette capacité est universelle qu'Internet est ce formidable média de communication et d'expression planétaire.
Découle de cette définition, le fait que le contenu d'Internet gratuit et accessible à tous est un bien commun, puisque créé par tous et offert à tous.
Ce modèle implique aussi une notion très importante, qui est la neutralité du média :
Comme pour La Poste, ou le téléphone, Internet doit transmettre fidèlement à chacun le même et véritable contenu. Plus de neutralité, l'internaute n'accède plus "à tous les contenus, services et applications" de façon universelle. La neutralité assure que tout internaute accède au même Internet que son voisin (ni trafiqué, ni bridé).

Internet sorti de cette définition, ce n'est plus Internet !

L’internet dit "civilisé" ou "responsable" :
L'internet civilisé ou responsable n'est donc plus de l'Internet : c'est un réseau privé et non universel, comme le Net à la chinoise. Mais aussi "Internet par Orange" n'est plus Internet, c'est le microcosme Orange payant, régit par Orange, pour Orange. Pour les même raisons, Internet par Apple n'est plus Internet...
Internet et Internet bridé

De même que l'architecture du réseau Internet devient de plus en plus multiple-centralisé, au lieu d'être a-centré. De cette façon, les fournisseurs d'accès à Internet ont alors la possibilité de filtrer, brider, etc. "leur Internet", car ils en contrôlent l'entrée et la sortie.
Même chose pour la mode du "tout sur Internet" : le cloud computing. Ce n'est plus Internet, c'est un nouveau minitel, tout est sur les serveurs distants, vous n'êtes même plus physiquement maître de l'accès à vos données ! L'éditeur du service peut faire ce qu'il veut !

Mis à part ces considérations fondamentales, l'Internet civilisé et responsable veut fermer l'accès à tout internaute, aux contenus jugés illicites, choquants, ou amoraux.
Concrètement, c'est du filtrage, de l'espionnage, du bridé, etc. Et cela, sur des critères absolument flous, car subjectifs :
camera surveillance
Qui, au nom de toute l'humanité, peut prétendre juger de ce qui est choquant de ce qui ne l'est pas, de ce qui est amoral de ce qui ne l'est pas, de ce qui est licite de ce qui ne l'est pas (il n'existe pas, à ce jour de législation planétaire complète et effective) ?
Va-t-on, comme cela s'est produit en Australie, interdire l'accès à des sites taxés de pédophilie dont la majorité de ceux-ci n'en n'ont rien à voir, au final ?
Va-t-on, comme actuellement en Angleterre, brider toute connexion Internet par un filtrage des sites pornographiques (et bientôt on ne sait quoi, certainement), et proposer la levée du filtrage sous forme d'option du service ? (Option dont la réclamation se fait publiquement, devant le commercial. Bonjour le respect de la vie privée !)

L'âge est aussi un critère déterminant de permission d'accès au contenu. Or, un filtrage ou une restriction globale ne peut permettre de discriminer l'accès aux contenus selon l'âge de chacun. On ne permet pas l'accès aux même contenus pour un adulte que pour un enfant de 10 ans.
De même que l'éducation familiale n'appartient pas à l'État, mais à chaque parent ou éducateur, dont les permissions dépendent de leur sensibilité et de leur opinion.

Enfin, il y a clairement une impossibilité technique pour filtrer l'Internet à l'intérieur du Réseau, de quelque façon efficace que ce soit. Demander un tel filtrage, c'est comme vouloir arrêter une rivière à deux mains :
Il existe une foultitude de moyens techniques de contournement, qu'il serait impossible de tous les citer. D'autant plus que ceux-ci évoluent à mesure qu’apparaissent les restrictions. C'est une véritable course de moyens techniques, vaine et coûteuse.

L'internet est-il irresponsable et non-civilisé ?

Notons d'emblée, que l'expression "Internet civilisé" nous vient tout droit du discours gouvernemental chinois. C'est une telle référence douteuse, que cette expression à subitement été remplacée par "Internet responsable" depuis le dernier e-G8... Bien qu'il s'agisse de la même idée, au fond (nous y reviendrons).

On voudrait donc nous faire croire qu'Internet est un lieu de non-droit et barbare, dont la responsabilité ne repose sur personne...
On croit rêver !
danger internet
On l'a répété à l'envi, Internet n'est pas une zone de non-droit. Si c'est un scoop pour vous, je vous invite à lire cet interview de Cedric Manara (professeur de droit à l’EDHEC) par le site Écrans.fr.
Concernant la pédophilie par exemple, la France possède un système juridique et policier déjà heureusement efficace. A ce jour, on ne compte aucun site web de contenu pédophile sur le sol français car trop facilement repérable...

Ensuite, si Internet était barbare, une encyclopédie universelle de l'envergure de Wikipédia n'aurait jamais pu voir le jour.
Combien de fois n'a-t-on pas dit qu'Internet était "le savoir à portée de clic" ?! A tel point qu'Internet est devenu le canal privilégié du partage et de la diffusion du savoir du XXIème siècle !

Enfin, Internet est loin d'être irresponsable. Affirmer cela, c'est insulter la démocratie :
La logique politique originelle d'Internet est celle du pouvoir et du contrôle égalitaire, socle de la démocratie. Le pouvoir et le contrôle d'Internet est absolument divisé par le nombre d'internautes. Internautes, qui rappelons-le, sont les mieux placés pour jouer ce rôle car ce sont eux qui font le contenu d'Internet.

Internet civilisé par qui ?
Sous la responsabilité de qui ?

Mais passons ! Imaginons que l'Internet civilisé et responsable soit possible, tout en restant de l'Internet... XD

Puis analysons les mesures appliquées ou désirées par nos chers politiques : qui donc sera alors responsable de la civilisation d'Internet ? L’état !
Et ceci, je précise, sans l'intermédiaire d'un juge ! (indépendant, impartial, un juge, quoi !) Oui, c'est dans la loi Loppsi, actuellement effective.
L'État pourra censurer tout contenu, fermer tout site web qui ira à l'encontre de son jugement (au revoir, liberté d'expression). Le pouvroir politique s'assoit donc, jusque sur Internet, au mépris des libertés de l'internaute.
le gouvernement vous protège contre la réalité
Ça ne vous rappelle rien, un régime politique qui s'assoit sur les libertés de sa population ? En particulier la liberté d'expression ...

En résumé :
L’état se fait le colon justicier du Net. Lui-seul sera le maître de la diffusion de tout son contenu. D'autant plus si la toile est devenue le canal privilégié de l'information et du savoir : L’état contrôlera tout cela de son propre jugement... Totalitarisme, oui, mais c'est pour votre bien, hein ! ;D
Bienvenu à Moscou !... Ah, non ? Chine alors ! Non ? En France ?!!!

Comment gère-t-on les dérives du Net ?

C'est bien triste, je l'avoue. Je vais donc vous remonter un peu le moral en vous expliquant comment réguler Internet, comme il a toujours été fait : en respectant l'intégrité d'Internet et les libertés de l'internaute !

Les dérives sur Internet ne sont pas nouvelles. Comment s'en est-on sorti jusqu'ici pour conserver notre formidable Réseau et nos libertés ?
Eh bien c'est très simple : le pouvoir et le contrôle d'Internet devant toujours revenir à chaque internaute, il suffit de lui fournir les outils nécessaire pour assumer sa responsabilité.

Si malheureusement c'est impossible, il faudra alors donner les moyens nécessaires à la justice démocratique (donc indépendante du pouvoir législatif) de chaque état, de juger équitablement des abus et différents.
Pas besoin d'une autorité totalitaire : on est en démocratie. C'est aussi simple que cela.

La traque des criminels :
La chasse au crime n'est pas destinée aux fournisseurs d'accès ou à toute autre instance marchande privée. Elle est réservée aux forces de sécurité intérieure, - indépendamment de la classe politique - !
Toutes les mesures d'espionnage et de filtrage de la population aggravent les difficultés d'enquêtes cybercriminelles : elles provoquent une généralisation des dispositifs de dissimulation et d'anonymat total. Alors réservés aux activités mafieuses, l'anonymat complet, le chiffrage des communications, le cryptage des données devient anodin. Comment différencier une archive cryptée de documents criminels, d'une autre contenant de bêtes copies illégales de films ? Cette vulgarisation des moyens de dissimulation profite à tous les secteurs mafieux et criminels (la pédophilie, par exemple).
Voilà ce que fait la politique qui veut se mêler de ce qu'elle ignore !

Le filtrage pour mineurs :
On l'a vu, le filtrage du contenu sur Internet pour préserver l'éducation des enfants, est nécessaire. Également, la généralisation du filtrage est d'autant plus inefficace que liberticide.
Il faut donc décentraliser le filtrage. C'est aux parents et aux éducateurs qu'il faut donner des moyens souples et paramétrables pour filtrer ce qui rentre chez eux. De cette manière, chacun pourra toujours accéder au véritable Internet, comme il l'entend. Et ces moyens existent déjà.

Bien-sûr, ces logiciels de filtrage (comme les bloqueurs d'images de nus par exemple), ou de contrôle parental sont plus ou moins facilement contournables. Tout comme l'éducation des enfants. L'éducation, qu'elle soit nationale ou familiale, est loin d'être exempte de failles de contournement.
Internet, qu'on le veuille ou non, fait partie du monde extérieur. Et par-là, l'approche d'Internet par votre enfant doit être un processus éducatif aussi important que l'approche de la rue.

Il faut donc que les parents et éducateurs soient informés des possibilités, risques et recours liés à Internet. La récente mise en place d'un numéro vert au service des parents en recherche de ces informations est une bonne initiative. Mais c'est un début qui arrive bien en retard !

Avis donc, à l'Éducation Nationale : il serait judicieux de donner les moyens nécessaires aux professeurs pour enseigner aux élèves autre chose que jouer avec Google et Ms. Word.

La vie privée :
L'éducation au respect de la vie privée passe aussi par Internet. Que ce soit envers soi-même ou envers autrui.
Comme un numéro de téléphone est une donnée de l'ordre du "presque confidentiel", il en va de même pour une adresse e-mail. La plupart des logiciels de contrôle parentaux ont un bloqueur de publication d'infos personnelles, qui est très utile.

L'anonymat et le pseudonymat ne sont ni superflus, ni décoratifs. Ce sont des outils importants sur Internet : ils évitent le harcèlement, le spam, ou les abus et les représailles en cas de dénonciation justifiée.

Les arnaques :
L'éducation des personnes face aux arnaques et aux publicités malveillantes sur Internet est également importante. Des collectifs existent, dénonçant telle ou telle pratique abusive dont il est bon de connaître.
Des outils existent : antivirus, anti-spywares, bloqueurs de publicités, filtre anti-spam, options anti-phishing... etc.

Je n'ai pas tout en tête, mais sachez aussi que, même sur le Net, la loi vous donne aussi l'occasion de nombreux recours très utiles !

Vive l'Internet libre et bon surf !

Ressources sur le sujet :

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