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lundi 27 février 2012

Ce n'est pas donné à tout le monde de suivre la bataille pour la sauvegarde de l'Internet libre. Tous ces évènements se mélangent dans bien des esprits. D'autant que depuis fin janvier, tout va très vite.
Aussi, je vais tenter de vous récapituler ce qu'il en est depuis début 2012.
Vu de chez nous
Bon, c'est pas nouveau : on a Hadopi, terreur des l'échanges Peer to Peer. Et LOPPSI 2, qui fiche en l'air Internet en France.Puis notre cher (ou pas) président nous annonçait qu'il partait en croisade contre le streaming (consultation en ligne) illégal, au travers de l'HADOPI.
Résultat concret : le "déréférencement et blocage anticipatif" de la série de sites Allostreaming.com, Alloshowtv.com, Alloshare.com et Allomovie : en plus de l’obligation des principaux FAI français d'exclure l'accès à ces sites sur leur réseau, les ayants droits ont mis en demeure les moteurs de recherches Orange, Bing, Yahoo! et Google d'exclure ces sites dans les résultats de recherche. Avec mention spéciale pour Google, lui réclamant cette censure, non-pas pour la France, mais pour le monde entier !!!
L'histoire n'est pas terminée, car les ayants droit s'acharnent et cherchent à tout prix pouvoir fermer les "sites miroir" sans l'intervention d'un juge.
Peut-être le saviez-vous : le 24 novembre 2011, la Cour de Justice européenne nous à quand-même fait plaisir en faisant un arrêt, interdisant le filtrage généralisé du Net. Celui-ci dit en substance que le filtrage porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens européens.
Du coup, interdit de bloquer un site qui ne soit pas entièrement illicite. Ouf ! Mais l'on peut se demander si cette faveur ne sera qu'exception. Du tout ! La Cour de Justice de l'Union Européenne réaffirme récemment ses propos et interdit d'imposer le filtrage aux services en ligne. Youpi !
Mais que fait la France ? Elle censure... Sur Twitter, plus possible de parodier M. Sarkozy. Sur le Net, l'humour noir devient interdit du moment qu'il concerne la pédophilie. Exemples récents : Piratesourcil (à qui y-z-ont tout piqué) et Lobofakes.
Qui peut juger ces questions morales au nom de tous (enfants, adultes, catholiques, athés, etc.) ?
Quelle est la prochaine étape ? On censure ceux qui protestent contre la censure? Ayawooga va-t-il être bloqué pour l'avoir fait dans ce présent billet ? ...
SOPA et PIPA
Si vous surfez de façon journalière, le Net du 18 janvier vous aura peut-être marqué par sa journée noire en protestation contre deux projets de loi américains : SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act). Des sites importants comme Google, Wikipedia, Wordpress, Mozilla, ou encore Flickr ont manifesté leur farouche opposition à ces propositions législatives.En gros, ces lois "anti-piratage" souhaitent mettre en place des incroyables sanctions en cas de violation de copyright, et l'obligation d'un blocage des sites accusés de "piratage" depuis le sol étasunien (même pour les sites issus de l’étranger). Les textes obligeraient ce blocage aux services de noms de domaine, aux moteurs de recherche, ainsi qu'aux organismes de transactions financières (comme Paypal) basés sur le sol américain.
C'est donc clairement un système de censure national. (États Unis, pays de liberté, qui disaient...) Le problème, c'est que cela touche le Web entier, car les noms de domaines sont gérés en Amérique. Ajoutons que les principaux services présents sur Internet sont basés majoritairement aux USA.
Justin Bieber (remarquez, cela ne serait pas forcément un mal...) risque 5 ans de prison si ces lois passent. Mais sont dans le même cas, les chorales d'écoliers, les auteurs de reprises sur Youtube, ou de vidéos avec un fond de musique copyrighté...
Suite au tollé de l'opinion publique, le 20 janvier, le gouvernement américain suspend le vote de ces projets de loi pour leur révision.
Megaupload
Le lendemain de la cyber-manifestation anti-SOPA/PIPA, la galaxie Mega (MegaUpload, MegaVideo, etc.) à été subitement coupé du Net par "la Gestapo américaine" : le FBI. Le fondateur du site (Kim Dotcom) et plusieurs de ses sbires, ont ensuite été arrêtés en grande pompes, en dehors du sol américain (Nouvelle-Zélande) comme des criminels. Car c'est bien ce dont on les accuse : pour avoir (je cite) "mis en oeuvre une entreprise internationale de crime organisé prétendument responsable du piratage massif à l'échelle mondiale d'un grand nombre de types d’œuvres protégées, à travers MegaUpload.com et d'autres sites en relation". Kim risque 20 ans de prison pour cette prétendue "Méga-conspiration" (sic), c'est en gros les deux tiers de la peine d'un violeur récidiviste...Belle échelle de valeurs que nous présente la justice américaine. Nous voilà maintenant prévenus : est un criminel, toute personne qui permet un partage de fichiers qui lui rapporte un peu de sous, et risque l'arrestation imminente par le FBI, depuis n'importe quel endroit du globe.
Location ou service gratuit de stockage, système d'échange de fichiers... C'est criminel du moment qu'il y a rémunération !
Dans ce cas, il y a du boulot ! Ce genre de site, il y en a des tas !!!
Et chez nous, ce n'est pas le meilleur refuge à ce sujet : notre président approuve largement cette incroyable arrestation, de ceux qu'il accuse de "réaliser des profits criminels" (sic)...
Combien de morts ou de violés au fait ?... Euuuh zéro. Mouais d'accord...
Au fond...
Vous allez me dire : oui c'est un peu trop drastique comme méthodes. Mais cette fermeture est quand-même légitime, MegaUpload était illicite...Non, MegaUpload n'est pas plus illicite qu'un fournisseur d'accès à Internet. Ce sont certains de ses utilisateurs qui en ont fait le siège d'un certain usage illicite.
Coordonner (aux frais des contribuables) une action judiciaire internationale contre MegaUpload, et en accusant ce service d'activité de piratage, c'est choisir un bouc émissaire parce que l'on ne peut pas s'attaquer à la foule qui est la seule coupable (merci jls5).
Le principe MegaUpload n'a rien d'illégal, et encore moins de (je cite le FBI et notre Président) "criminel". C'est un site de partage, sans discrimination. Vous aviez la possibilité de vous créer sur le Net, un disque dur gratuit, et même disponible pour vos amis. Un tutoriel vidéo qui fait buzz sur MegaVideo pouvait vous rapporter de l'argent. Cela, est-ce illégal ? Est-ce criminel ?
Bien évidemment, cela n'excuse pas la malhonnêteté de la politique commerciale de MegaUpload. Moi aussi je reproche la malhonnêteté de MegaUpload, vis-à-vis des copies d’œuvres. Je lui reproche tout autant que vous d'avoir exploité l'échange de copies illégales pour faire des profits considérables sur le dos des artistes. Kim Dotcom mérite d'être jugé sur ce commerce quelque peu malhonnête.
Mais il y a plus grave : c'est un des sites légaux les plus utilisés qui est fermé au détriment de tous ses utilisateurs. Mais surtout, un site au principe fondamental : un site mondial d'échange libre de données. Or l'échange libre de données sans discrimination, est le fondement d'Internet.
Vous rendez illégal l'échange libre de données, vous rendez illégal Internet. La gravité de l'affaire MegaUpload, c'est celle-là !
Que ce soit Kim Dotcom ou l'Inspecteur Derrick, qui se soit fait coffré on s'en moque ! Ce qui ne nous a pas plu du tout, c'est le fait d'avoir criminalisé Internet et bafoué nos libertés !
Mais les USA ne s'arrêtent pas là : Jotform, un site sans aucun soupçon d'illégalité à été récemment coupé du Net, de la même manière que MegaUpload. Heureusement reconnecté, le site est encore disponible. Mais qui paye le préjudice ?ACTA
Rappel :ACTA c'est l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon. Idée de départ : la lutte conjointe entre pays émergents et développés contre tout type de contrefaçon. Bonne idée ! Sauf que l'élaboration de ce traité semble clairement des plus mauvaises : tous les grands groupes commerciaux se sont investis et font pression sur cet accord de façon à ce qu'ils en gagnent en puissance. Tenu d'abord secret, cet accord fût mis au jour grâce à Wikileaks. Dénonçant la volonté claire d'éviter tout processus démocratique, l'opinion publique à réagit. Face à cette pression, la transparence fût de mise et le texte s'est vu modifié. Mais il comporte encore actuellement de graves menaces pour plusieurs libertés individuelles fondamentales.
Les pays émergeant se plaignent de ne pas avoir part aux négociations et que les Etats-Unis et l'Europe veulent leur imposer un Traité conçu à leur manière. Sous couvert de lutte pour la propriété intellectuelle (Copyright), le traité atteint le summum de inacceptable, en rendant illégaux les médicaments génériques, ou encore en interdisant toute reproduction autonome de semences agricole.
Bien évidemment, Internet est particulièrement visé par tout ce qui concerne son contenu : le partage devient purement et simplement illégal, et l'utilisateur est d'office présumé pirate, avec des risques de sanctions disproportionnées. Pire : le traité responsabilise les fournisseurs d'accès internet dans un rôle de censure. C'est la crise : on privatise la Justice... Adieu liberté d'expression.
Et même si ACTA se voyait rendu inoffensif, nous ne sommes pas à l'abri de modifications postérieures. Son vote au Parlement Européen est une carte blanche aux multinationales !
De nombreux pays se sont investis dans l'accord ACTA par leur signature. Et la ratification de ce traité à été entamée par 22 pays de l'Union européenne (dont la France) à l’écart de l'opinion publique. C'en était trop, le rapporteur principal de l'accord au Parlement Européen (M. Kader Arif), démissionne. Il dénonce les nombreuses irrégularités dans l'ensemble de ce processus, qu'il qualifie de mascarade.
L'ambassadrice de la Slovénie au Japon jette le trouble en regrettant et s'excusant publiquement d'avoir signé ACTA, qualifiant son geste de "résultat d'une négligence civique". Le 28 janvier, une pétition américaine réunissant en un temps record plus d'un milion et 25 000 signatures contre ACTA, est déposée sur le site de la Maison Blanche.
Après ces évènements et les protestations civiles qui ont fleuri un peu partout, le 3 février, la Pologne suspend son processus de ratification qu'elle avait engagée. Le lendemain, son premier ministre, Donald Tusk, donne raison aux opposants à ACTA et évoque la possibilité de son rejet par son pays.
L’Allemagne, quand à elle, a mis en pause la signature de l'ACTA le 9 février, préférant laisser la situation se décanter au parlement européen avant de prendre une décision.
La République Tchèque à pris la même direction le 6 février : gel du processus de ratification afin de mesurer l'impact de l'ACTA sur la législation nationale. Et la Roumanie semble avoir la même intention, souhaitant des "consultations publiques" avant la ratification, évoquant le refus du traité si le parlement y est opposé (source).La Lettonie attend aussi plus de clarification avant de continuer.
La Bulgarie veut un consensus au parlement européen avant d'accorder définitivement ou retirer son engagement pour ACTA.
Sur ces retours de veste, Le président du Parlement européen, Martin Schulz, explique à la télévision allemande que le document "n'est pas bon sous sa forme actuelle", ajoutant que l'équilibre entre la protection du copyright et les droits individuels des internautes "n'est que très insuffisamment ancré dans le présent accord".
La Commission européenne comprend peu la bataille médiatique, elle qui assurait depuis le début que l'ACTA ne modifie en rien le droit communautaire. La Commission diffuse alors un document censé rétablir la vérité sur l'ACTA. (Source.)
En accord avec ce discours, le gouvernement du Luxembourg renouvelle son engagement pour ACTA le 14, dans un communiqué du ministère de l'économie et du commerce extérieur.
Mais rien est joué, à entendre les déclarations du président du parti populaire européen (PPE), qui annonçait "ACTA c'est fini", avant de tempérer ses propos.
L’Autriche n'a pas l'air d'oublier son droit de véto en défaveur de l'ACTA... Même chose pour la Slovénie.
Le 17, le premier ministre polonais Donald Tusk, s'engage franchement en demandant par écrit de ne pas soutenir ACTA, aux chefs des partis PPE et à la direction des formations nationales affiliées au mouvement européen.
Enfin, voyant qu'elle ne parvient pas à persuader, la Commission européenne demande à la Cour de Justice européenne de confirmer que l'ACTA ne limitera pas la liberté d'expression et d'information en Europe.
Affaire à suivre de très près ! Pour info, le débat du Parlement européen sur Acta débutera le 1er mars...
Mobilisation civile
Manifestations
Les manifestations ne se sont pas déroulées que sur Internet et ont débordé dans les rues :En Pologne, Varsovie comptait plus de dix mille manifestants anti-ACTA, le week-end du 22 janvier.
Le 28 janvier, Paris rassemble entre 300 et 400 manifestants contre ACTA. Manifestation soutenue dans plus d'une trentaine de grandes villes françaises : une centaine de personnes à Bordeaux, une quinzaine pour Nîmes, Chalons ou Poitiers.
Le 11 février, la mobilisation reprend (dans 40 villes en France) et le nombre de participants ne cesse d'augmenter.
Le 25 février, la police dénombre 650 manifestants à Paris, plus localement on en compte 150 à Lille, 200 à Rennes, 100 à Lyon, 50 à Marseille et 200 à Toulouse (source).
Cyber-intimidation
Des anonymes ont réalisé plusieurs attaques par Internet, dont certaines ont été plutôt spectaculaires et sérieuses :Dans le quart d'heure qui a suivi la fermeture des sites de MegaUpload, le site du département de la justice américaine (DoJ) est rendu indisponible, et avec lui, celui d’Universal Music : principal major du secteur qui lutte contre le groupe Mega.
Peu de minutes après, c'est au tour des sites de la MPAA (représentante de l’industrie cinématographique américaine) et de la RIAA (représentante de l’industrie du disque aux USA) d'être surmenés (lenteurs et indisponibilités temporaires). Sans oublier copyright.gov qui n'a pas été épargné par cette vague d'attaques.
Le FBI fait tout son possible pour maîtriser et dissuader ces attaques anonymes de la part d'Anonymous et Lulzsec.Face à ces pressions, le 3 février, des anonymes ont publiés l'enregistrement d'une conversation de 17 minutes entre des agents du FBI et de Scotland Yard. Prouvant leurs capacités d'infiltration et l'active lutte des plus hautes autorités contre ces mouvements populaires.
On était déjà habitué au discours intimidateur des adeptes d'Anonymous. Mais il semble qu'au cours de ces dernières attaques, le ton des activistes anonymes ait sérieusement monté d'un cran.
La forme des attaques et les menaces écrites font preuve d'une virulence encore jamais vue.
"FAITES PASSER CETTE POUBELLE ET NOUS DÉGAGERONS TOUT L'INTERNET CORPORATE [...] Si SOPA/PIPA/ACTA passent, nous allons mener une guerre implacable contre l'internet corporate, détruisant douzaines sur douzaines de sites gouvernementaux et d'entreprises." (source)Sur Twitter, on y lit la même menace :
Megaupload à été pris sans la loi SOPA. Maintenant, imaginez ce qu’il arrivera si cela passe. L’internet que nous connaissons prendra fin.
Ajoutons à cela les attaques, moins violentes et plus désorganisées, semblant illustrer cet esprit de révolte et de désobéissance civile qui gagne de plus en plus l'opinion publique :
Le site de l'HADOPI inaccessible et retrouvé dans une fâcheuse posture qui menaçait son accessibilité sur les moteurs de recherche.
Le site du gouvernement français qui intègre des messages subliminaux dans l'URL.
Le siège de cette même Haute Autorité taggé.
Les attaques d'intimidation en Pologne.
Ou encore les attaques contre le site du parlement européen...
Notes :
Oui, mon billet est trop long. Je vous aurais bien fait un podcast (vidéo), mais on ne peut pas mettre de lien hypertexte sur des paroles...J'espère néanmoins qu'il vous aura plu, et aidé à clarifier tous ces événements mal médiatisés.
Si vous avez des précisions à apporter, je me ferai un plaisir de les publier.
A bientôt.
mardi 25 octobre 2011

Sujet d'actualité qui ne passionne quasiment que les hackers ou les geeks : l'Internet tel qu'on l'a connu est de plus en plus menacé par des lois et des tendances marketing liberticides.
Le but politique affiché étant la régulation du Net, pour un "Internet civilisé", un "Internet responsable".
Pourquoi vouloir réguler le Net ?
On le sait, la pègre existe et circule aussi sur le Net, comme dans la rue. Pornographie, terrorisme, pédophilie, zoophilie, scatophilie, nazisme, hyper-violence, piraterie, banditisme...Le Net à remplacé le papier, même clandestin (surtout clandestin). Et il est même devenu beaucoup plus accessible sur ce nouveau média.
La régulation d'Internet voudrait donc fermer l'accès aux internautes, à tous ces contenus néfastes.
Cette fin louable et de bonne intention est défendue main dans la main, par de nombreux politiques et lobbys. Des lois et des mesures ont été mises en place en ce sens, non-seulement en France, mais dans de nombreux pays !
Il y a aussi une réelle volonté de contrôle totalitaire par les États, même des plus démocratiques !
Le salon sur la sécurité intérieure des États : Milipol 2011 (interdit au grand public !), annonce une inquiétante couleur : est à l'honneur la militarisation de la sécurité intérieur, avec des solutions de contrôle et de destruction massives, dont l'espionnage et le filtrage des communications, Internet compris. Sécurité intérieure ? ...Pas vraiment, c'est comme si les États partaient en guerre contre leur propre peuple. Effrayant !
En Allemagne, un mouchard gouvernemental (mal sécurisé en plus) à été découvert. La France, quand à elle, possède le cadre juridique pour en voir fleurir plusieurs. Et elle s'est même équipée de moyens de filtrage incroyables, utilisés par les dictatures qui se sont illustrés lors des révoltes du printemps arabe (!)...
L’internet
versus
L’internet civilisé ou responsable
L’internet :L’internet par sa définition originelle, c'est la capacité universelle à accéder à tous les contenus, services et applications, et également d'en envoyer. Et c'est donc cette capacité de participation universelle qui fait l'Internet.
Et c'est bien parce que cette capacité est universelle qu'Internet est ce formidable média de communication et d'expression planétaire.
Découle de cette définition, le fait que le contenu d'Internet gratuit et accessible à tous est un bien commun, puisque créé par tous et offert à tous.
Ce modèle implique aussi une notion très importante, qui est la neutralité du média :
Comme pour La Poste, ou le téléphone, Internet doit transmettre fidèlement à chacun le même et véritable contenu. Plus de neutralité, l'internaute n'accède plus "à tous les contenus, services et applications" de façon universelle. La neutralité assure que tout internaute accède au même Internet que son voisin (ni trafiqué, ni bridé).
Internet sorti de cette définition, ce n'est plus Internet !
L’internet dit "civilisé" ou "responsable" :
L'internet civilisé ou responsable n'est donc plus de l'Internet : c'est un réseau privé et non universel, comme le Net à la chinoise. Mais aussi "Internet par Orange" n'est plus Internet, c'est le microcosme Orange payant, régit par Orange, pour Orange. Pour les même raisons, Internet par Apple n'est plus Internet...

De même que l'architecture du réseau Internet devient de plus en plus multiple-centralisé, au lieu d'être a-centré. De cette façon, les fournisseurs d'accès à Internet ont alors la possibilité de filtrer, brider, etc. "leur Internet", car ils en contrôlent l'entrée et la sortie.
Même chose pour la mode du "tout sur Internet" : le cloud computing. Ce n'est plus Internet, c'est un nouveau minitel, tout est sur les serveurs distants, vous n'êtes même plus physiquement maître de l'accès à vos données ! L'éditeur du service peut faire ce qu'il veut !
Mis à part ces considérations fondamentales, l'Internet civilisé et responsable veut fermer l'accès à tout internaute, aux contenus jugés illicites, choquants, ou amoraux.
Concrètement, c'est du filtrage, de l'espionnage, du bridé, etc. Et cela, sur des critères absolument flous, car subjectifs :

Qui, au nom de toute l'humanité, peut prétendre juger de ce qui est choquant de ce qui ne l'est pas, de ce qui est amoral de ce qui ne l'est pas, de ce qui est licite de ce qui ne l'est pas (il n'existe pas, à ce jour de législation planétaire complète et effective) ?
Va-t-on, comme cela s'est produit en Australie, interdire l'accès à des sites taxés de pédophilie dont la majorité de ceux-ci n'en n'ont rien à voir, au final ?
Va-t-on, comme actuellement en Angleterre, brider toute connexion Internet par un filtrage des sites pornographiques (et bientôt on ne sait quoi, certainement), et proposer la levée du filtrage sous forme d'option du service ? (Option dont la réclamation se fait publiquement, devant le commercial. Bonjour le respect de la vie privée !)
L'âge est aussi un critère déterminant de permission d'accès au contenu. Or, un filtrage ou une restriction globale ne peut permettre de discriminer l'accès aux contenus selon l'âge de chacun. On ne permet pas l'accès aux même contenus pour un adulte que pour un enfant de 10 ans.
De même que l'éducation familiale n'appartient pas à l'État, mais à chaque parent ou éducateur, dont les permissions dépendent de leur sensibilité et de leur opinion.
Enfin, il y a clairement une impossibilité technique pour filtrer l'Internet à l'intérieur du Réseau, de quelque façon efficace que ce soit. Demander un tel filtrage, c'est comme vouloir arrêter une rivière à deux mains :
Il existe une foultitude de moyens techniques de contournement, qu'il serait impossible de tous les citer. D'autant plus que ceux-ci évoluent à mesure qu’apparaissent les restrictions. C'est une véritable course de moyens techniques, vaine et coûteuse.
L'internet est-il irresponsable et non-civilisé ?
Notons d'emblée, que l'expression "Internet civilisé" nous vient tout droit du discours gouvernemental chinois. C'est une telle référence douteuse, que cette expression à subitement été remplacée par "Internet responsable" depuis le dernier e-G8... Bien qu'il s'agisse de la même idée, au fond (nous y reviendrons).On voudrait donc nous faire croire qu'Internet est un lieu de non-droit et barbare, dont la responsabilité ne repose sur personne...
On croit rêver !

On l'a répété à l'envi, Internet n'est pas une zone de non-droit. Si c'est un scoop pour vous, je vous invite à lire cet interview de Cedric Manara (professeur de droit à l’EDHEC) par le site Écrans.fr.
Concernant la pédophilie par exemple, la France possède un système juridique et policier déjà heureusement efficace. A ce jour, on ne compte aucun site web de contenu pédophile sur le sol français car trop facilement repérable...
Ensuite, si Internet était barbare, une encyclopédie universelle de l'envergure de Wikipédia n'aurait jamais pu voir le jour.
Combien de fois n'a-t-on pas dit qu'Internet était "le savoir à portée de clic" ?! A tel point qu'Internet est devenu le canal privilégié du partage et de la diffusion du savoir du XXIème siècle !
Enfin, Internet est loin d'être irresponsable. Affirmer cela, c'est insulter la démocratie :
La logique politique originelle d'Internet est celle du pouvoir et du contrôle égalitaire, socle de la démocratie. Le pouvoir et le contrôle d'Internet est absolument divisé par le nombre d'internautes. Internautes, qui rappelons-le, sont les mieux placés pour jouer ce rôle car ce sont eux qui font le contenu d'Internet.
Internet civilisé par qui ?
Sous la responsabilité de qui ?
Mais passons ! Imaginons que l'Internet civilisé et responsable soit possible, tout en restant de l'Internet... XDPuis analysons les mesures appliquées ou désirées par nos chers politiques : qui donc sera alors responsable de la civilisation d'Internet ? L’état !
Et ceci, je précise, sans l'intermédiaire d'un juge ! (indépendant, impartial, un juge, quoi !) Oui, c'est dans la loi Loppsi, actuellement effective.
L'État pourra censurer tout contenu, fermer tout site web qui ira à l'encontre de son jugement (au revoir, liberté d'expression). Le pouvroir politique s'assoit donc, jusque sur Internet, au mépris des libertés de l'internaute.

Ça ne vous rappelle rien, un régime politique qui s'assoit sur les libertés de sa population ? En particulier la liberté d'expression ...
En résumé :
L’état se fait le colon justicier du Net. Lui-seul sera le maître de la diffusion de tout son contenu. D'autant plus si la toile est devenue le canal privilégié de l'information et du savoir : L’état contrôlera tout cela de son propre jugement... Totalitarisme, oui, mais c'est pour votre bien, hein ! ;D
Bienvenu à Moscou !... Ah, non ? Chine alors ! Non ? En France ?!!!
Comment gère-t-on les dérives du Net ?
C'est bien triste, je l'avoue. Je vais donc vous remonter un peu le moral en vous expliquant comment réguler Internet, comme il a toujours été fait : en respectant l'intégrité d'Internet et les libertés de l'internaute !Les dérives sur Internet ne sont pas nouvelles. Comment s'en est-on sorti jusqu'ici pour conserver notre formidable Réseau et nos libertés ?
Eh bien c'est très simple : le pouvoir et le contrôle d'Internet devant toujours revenir à chaque internaute, il suffit de lui fournir les outils nécessaire pour assumer sa responsabilité.
Si malheureusement c'est impossible, il faudra alors donner les moyens nécessaires à la justice démocratique (donc indépendante du pouvoir législatif) de chaque état, de juger équitablement des abus et différents.
Pas besoin d'une autorité totalitaire : on est en démocratie. C'est aussi simple que cela.
La traque des criminels :
La chasse au crime n'est pas destinée aux fournisseurs d'accès ou à toute autre instance marchande privée. Elle est réservée aux forces de sécurité intérieure, - indépendamment de la classe politique - !
Toutes les mesures d'espionnage et de filtrage de la population aggravent les difficultés d'enquêtes cybercriminelles : elles provoquent une généralisation des dispositifs de dissimulation et d'anonymat total. Alors réservés aux activités mafieuses, l'anonymat complet, le chiffrage des communications, le cryptage des données devient anodin. Comment différencier une archive cryptée de documents criminels, d'une autre contenant de bêtes copies illégales de films ? Cette vulgarisation des moyens de dissimulation profite à tous les secteurs mafieux et criminels (la pédophilie, par exemple).
Voilà ce que fait la politique qui veut se mêler de ce qu'elle ignore !
Le filtrage pour mineurs :
On l'a vu, le filtrage du contenu sur Internet pour préserver l'éducation des enfants, est nécessaire. Également, la généralisation du filtrage est d'autant plus inefficace que liberticide.
Il faut donc décentraliser le filtrage. C'est aux parents et aux éducateurs qu'il faut donner des moyens souples et paramétrables pour filtrer ce qui rentre chez eux. De cette manière, chacun pourra toujours accéder au véritable Internet, comme il l'entend. Et ces moyens existent déjà.
Bien-sûr, ces logiciels de filtrage (comme les bloqueurs d'images de nus par exemple), ou de contrôle parental sont plus ou moins facilement contournables. Tout comme l'éducation des enfants. L'éducation, qu'elle soit nationale ou familiale, est loin d'être exempte de failles de contournement.
Internet, qu'on le veuille ou non, fait partie du monde extérieur. Et par-là, l'approche d'Internet par votre enfant doit être un processus éducatif aussi important que l'approche de la rue.
Il faut donc que les parents et éducateurs soient informés des possibilités, risques et recours liés à Internet. La récente mise en place d'un numéro vert au service des parents en recherche de ces informations est une bonne initiative. Mais c'est un début qui arrive bien en retard !
Avis donc, à l'Éducation Nationale : il serait judicieux de donner les moyens nécessaires aux professeurs pour enseigner aux élèves autre chose que jouer avec Google et Ms. Word.
La vie privée :
L'éducation au respect de la vie privée passe aussi par Internet. Que ce soit envers soi-même ou envers autrui.
Comme un numéro de téléphone est une donnée de l'ordre du "presque confidentiel", il en va de même pour une adresse e-mail. La plupart des logiciels de contrôle parentaux ont un bloqueur de publication d'infos personnelles, qui est très utile.
L'anonymat et le pseudonymat ne sont ni superflus, ni décoratifs. Ce sont des outils importants sur Internet : ils évitent le harcèlement, le spam, ou les abus et les représailles en cas de dénonciation justifiée.
Les arnaques :
L'éducation des personnes face aux arnaques et aux publicités malveillantes sur Internet est également importante. Des collectifs existent, dénonçant telle ou telle pratique abusive dont il est bon de connaître.
Des outils existent : antivirus, anti-spywares, bloqueurs de publicités, filtre anti-spam, options anti-phishing... etc.
Je n'ai pas tout en tête, mais sachez aussi que, même sur le Net, la loi vous donne aussi l'occasion de nombreux recours très utiles !
Vive l'Internet libre et bon surf !
Ressources sur le sujet :
- conférence Qui cherche à contrôler Internet de Benjamin Bayart
- Table ronde Le commerce de la pédopornographie sur Internet (F.Epelboin R.Ménard M.Pasquini J.M.Planche H.Recoupe)
- Le site du collectif La Quadrature du Net
- Le site d'actualité Read Write Web
- Owni rubrique Internet
- PCInpact rubrique Actualité
- Écrans.fr rubrique Internet
- Numérama.
lundi 26 septembre 2011
Depuis des mois, Google développe son nouveau réseau social : Google Plus.
Ceci avec la prétention de rivaliser les géants en la matière : Facebook et Twitter. Qu'en est-il ? Est-ce que G+ est à la hauteur ou d'avantage ?
Mi-septembre, Google ouvre complètement son réseau social (plus besion d'invitations). Si vous disposez d'un compte Google, vous ne tarderez pas à voir la marque vous inviter à ce nouveau service.
Rien que pour vous, je l'ai testé, et vous livre un résumé explicatif, mes impressions, mes conclusions (hâtives, j'avoue) :
Vie privée : -1
Le président de Google (Eric Schmidt) dévoile sans ambiguité le but de Google Plus :Google+ est un service d'identité et son côté réseau social n'est qu'un appât.Google s'obstine d'ailleurs à refuser l'anonymat : les profils G+ sous de fausses identités étant régulièrement fermés. En fait, Google veut ici construire des bases de données nominatives, en vue de les vendre à bon prix aux publicitaires...
(conférence de presse au TV Festival d'Edimbourg)
Sur ce terrain-là, donc : G+ est aussi mauvais élève que Facebook, car Google n'a pas toujours respecté le sixième point de sa philosophie : « You can make money without doing evil ». On dénombre quelques scandales à ce sujet.
Concrètement, je dois vous avertir de l'outil de géolocalisation de vos publications : pour peu que votre navigateur accepte de divulguer l'info par défaut : en un clic, vous êtes géolocalisé. Et pas moyen de mentir !
Enfin, ajoutons que Google achète une entreprise spécialisée dans la reconnaissance faciale, justement pour G+ (alors qu'il décriait pourtant cette pratique).
En revanche, G+ est plus respectueux au niveau de la discrétion des publications ou du tri des contacts :
Le système des cercles est assez intuitif, et à la différence de Facebook, il permet un partage non rétroactif : une personne supprimée d'un cercle pourra toujours visioner les anciennes publications, mais pas les nouvelles. Inversement, si j'ajoute une personne à un cercle, elle ne pourra voir que les nouvelles publications partagées dedans (pas les anciennes).
Ensuite, les publications de jeux ne viennent pas poluer les statuts : elles ne sont visibles que dans la rubrique "Jeux", qui se trouve isolée.
Malgrès cela, s'il est dans vos cercles, rien empèche à votre patron de venir surveiller vos horaires de jeux... :)
Et puis votre profil G+ est également celui de votre compte Google, tout court. Faites donc attention à ce que vous modifiez. Voici une procédure indiquant où trouver les réglages de confidentialité, qui avouons-le, sont quelque peu difficile à trouver.
Bref, c'est mieux que Facebook, mais c'est loin d'être parfait.
Si vous vouliez un réseau social qui préserve votre vie privée et votre anonymat, ce n'est pas ici qu'il faut le chercher. Informez-vous plutôt sur le projet Diaspora, Movim, voire AnonPlus.
Ergonomie : +1
Dans l'ensemble, on peut dire que le réseau de Google est plus pratique que ses concurrents.Il le doit d'abord à ses nombreux services Web, auquel Google+ est fortement rattaché :
Pour les images, vous les retrouverez dans Picassa (dont les commentaires de ce service s'afficheront d'ailleurs sur G+). Pour les vidéos, vous pourrez effectuer une recherche Youtube, directement depuis rédaction de votre publication (et même visionner chaque résultat avant de faire votre choix).
Pour la discussion instantanée (par texte), c'est Google Talk qui vous est derrière ce service...
A part ça, les interfaces sont sobres, claires et souvent agencées de façon pratique. On obtient donc au final quelque chose de réellement efficace.
L'affichage du fil des publications, par exemple, peut être soit généralisé à tous vos contacts, soit restreint à tel ou tel cercle. A chaque publication, vous pouvez la modifier, et même en récupérer le lien hypertexte.
Fonctionalités : +1
Là où l'on trouve de bonnes surprises, c'est dans les fonctionnalités (Google, fidèle à lui-même) :D'abord, G+ compile presque tous les outils présents chez ses concurents : Facebook et Twitter. On parle donc ici d'améliorations :
En plus du 'chat, avec lequel vous pouvez communiquer avec TOUS vos contacts Google (même extérieur à G+ : GoogleTalk, GMail, iGoogle), vous bénéficiez de la visio-conférence !
Chat vidéo, donc, en duo ou jusqu'à 10 interlocuteurs ! Et ce n'est pas tout : vous pouvez importer des vidéos à la conversation, que tout le monde verra. Chacun pourra en régler le volume sonore, ou couper le son pour partager oralement sa réaction.
Pour les publications, un menu est accessible pour modifier, supprimer, verrouiller ou censurer les commentaires du billet associé.
Pour mettre en forme son texte, il existe une syntaxe : il suffit d'encadrer la sélection du caractère * pour mettre en gras, _ pour mettre en italique, et - pour barrer le texte.
Je n'ai malheureusement pas fait le tour de toutes ces fonctions, mais si j'en trouve une intéressante, je ne manquerai pas de l'ajouter ici.
Conclusion :
Il est clair que Google Plus fait bonne impression et semble plus en avance sur se concurents (pour l'instant).A choisir entre ça et Facebook, je choisirais G+. A moins que mes contacts soient majoritairement réticents à "changer de crêmerie".
Mais il n'y a pas que du bon !
J'attendais plus d'ouverture de la part de Google : son réseau reste beaucoup trop enfermé dans son "microcosme Google". Si vous refusez Youtube, Picasa, Google Talk, et GMail... Google+ n'est presque plus rien.
Paradoxalement, ce microcosme manque de cloisons entre les ses services : si je veux, par exemple, dissimuler l'activité de mon compte Picasa ou Youtube, sur G+... Il me faut entreprendre bien des démarches de tri et de réglages pour y parvenir... Je peux me tromper, mais cela semble le cas à première vue.
Côté fonctions, j'attendais un moyen quelconque de m'avertir quels sont mes contacts de connectés (déjà présente sur Facebook), je n'ai rien trouvé à ce sujet... Aussi la possibilité de rendre cliquable (lien) une sélection de texte, il faut nécessairement coller l'URL entière...
Plus personnellement, il y a cette histoire de refus de l'anonymat. Même en offrant le choix dès le départ à ses utilisateurs, Google aurait très bien pu construire ses bases de données nominatives sans perdre en qualité.
Je crois que c'est pour conditionner l'opinion public pour rendre suspect l'anonymat en généralisant la publication de l'identité sur le web... Ainsi, pourra s'opérer une évolution des mentalités tout en douceur. Machiavélique, comme plan. Enfin, même réaliste, ça reste une supposition.
Pour finir, gardez à l'idée que, comme chez tous les services gratuits : rien n'empèche Google de supprimer votre compte en un éclair, détruisant toute votre vie numérique que vous aviez accordé au géant du Web, avec tous ses fabuleux services... Vous doutez ? Eh bien sachez que cela n'arrive pas qu'aux autres.
Alors que choisir ?
Tous dépend de vos besoins en fonctionnalités.
Pour une communauté qui veut choisir un réseau social en tant qu'outil, Google+ semble bien mieux faire l'affaire que Facebook. Mais ça risque peut-être de changer : vu du côté américain, la crise que subit Facebook ne fait que lui redonner un bon coup de fouet question nouveautés, qui vont bientôt se généraliser chez les autres pays.
Aussi, il est vrai que Facebook a l'avantage d'avoir la majorité des adeptes de réseaux sociaux, grâce à sa notoriété. Google+ est naissant et doit faire ses preuves avec le temps. Et question applications, les programmeurs sont bien plus à l'aise pour Facebook.
... Alors rien ne presse. Et puis, avez-vous songé à Twitter ? :)
mardi 30 août 2011
Numerama a publié récemment, une liste de délits dont les sanctions sont équivalentes ou moins fortes que celle risquée en cas de partage illégal de musique et de films... Cette liste à de quoi étonner d'abord, puis révolter.
En effet, nos politiques se sont tous appliqués à faire tout un plat des méfaits de l'Internet, à le diaboliser sur les thèmes graves, que sont la pédophilie, le suicide, l'accès aux informations dangereuses, et le piratage.
Des mesures de "régulation" (comprenez ici "contrôle") ont donc été mises en place...
On pourrait imaginer que ces mesures privilégient avant tout à la réduction des problèmes largement plus graves que le partage de musiques ou de films...
Pas si sûr ! ...
En cas, donc, de partage illégal de musique et de films, vous risquez :
Une peine maximale de 3 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. (Aticle L335-2 du code de la propriété intellectuelle.)
Or, sachez que la même peine (maximale, entendons-nous) est appliquée pour le fait de provoquer au suicide d’autrui lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide (art. 223-13). De même que pour la diffusion sur Internet de plans de fabrication de bombes (art. 322-6-1).
Sachez également que le fait pour un majeur de faire des propositions sexuelles à un mineur de moins de seize ans ou à une personne se présentant comme telle en utilisant un moyen de communication électronique, est punie, elle, de seulement 2 ans de prison ! (Art. 227-22-1.)
Incroyable mais vrai. Ce n'est pas tout ! Vous constaterez que sont également punis de la même façon :
L'homicide involontaire (art. 221-6 du code pénal), l’exploitation de la mendicité d’autrui (art. 225-12-5), l’évasion d’un détenu (art. 434-27), le fait de pénétrer dans un établissement scolaire muni d’une arme (art. 431-24), le faux et usage de faux (art. 441-1)...
Pire ! Sont punis d'une peine moins forte :
L’atteinte à l’intégrité du cadavre, la profanation de cimetière (1 an de prison, art. 225-17), le fait de provoquer directement un mineur à la consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques (2 ans de prison, art. 227-19), le harcèlement dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles, ou le harcèlement moral au travail (1 an de prison, art. 222-33 et 222-33-2), la destruction d’un bien appartenant à autrui (2 ans de prison, art. 322-1), les sévices graves et cruautés envers les animaux (2 ans de prison, art. 521-1)...
Ça se passe de commentaires.










