Affichage des articles dont le libellé est hadopi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hadopi. Afficher tous les articles
lundi 27 février 2012
banner

Ce n'est pas donné à tout le monde de suivre la bataille pour la sauvegarde de l'Internet libre. Tous ces évènements se mélangent dans bien des esprits. D'autant que depuis fin janvier, tout va très vite.
Aussi, je vais tenter de vous récapituler ce qu'il en est depuis début 2012.


Vu de chez nous

france netBon, c'est pas nouveau : on a Hadopi, terreur des l'échanges Peer to Peer. Et LOPPSI 2, qui fiche en l'air Internet en France.
Puis notre cher (ou pas) président nous annonçait qu'il partait en croisade contre le streaming (consultation en ligne) illégal, au travers de l'HADOPI.
Résultat concret : le "déréférencement et blocage anticipatif" de la série de sites Allostreaming.com, Alloshowtv.com, Alloshare.com et Allomovie : en plus de l’obligation des principaux FAI français d'exclure l'accès à ces sites sur leur réseau, les ayants droits ont mis en demeure les moteurs de recherches Orange, Bing, Yahoo! et Google d'exclure ces sites dans les résultats de recherche. Avec mention spéciale pour Google, lui réclamant cette censure, non-pas pour la France, mais pour le monde entier !!!
L'histoire n'est pas terminée, car les ayants droit s'acharnent et cherchent à tout prix pouvoir fermer les "sites miroir" sans l'intervention d'un juge.

Peut-être le saviez-vous : le 24 novembre 2011, la Cour de Justice européenne nous à quand-même fait plaisir en faisant un arrêt, interdisant le filtrage généralisé du Net. Celui-ci dit en substance que le filtrage porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens européens.
Du coup, interdit de bloquer un site qui ne soit pas entièrement illicite. Ouf ! Mais l'on peut se demander si cette faveur ne sera qu'exception. Du tout ! La Cour de Justice de l'Union Européenne réaffirme récemment ses propos et interdit d'imposer le filtrage aux services en ligne. Youpi !

Mais que fait la France ? Elle censure... Sur Twitter, plus possible de parodier M. Sarkozy. Sur le Net, l'humour noir devient interdit du moment qu'il concerne la pédophilie. Exemples récents : Piratesourcil (à qui y-z-ont tout piqué) et Lobofakes.
Qui peut juger ces questions morales au nom de tous (enfants, adultes, catholiques, athés, etc.) ?
Quelle est la prochaine étape ? On censure ceux qui protestent contre la censure? Ayawooga va-t-il être bloqué pour l'avoir fait dans ce présent billet ? ...

SOPA et PIPA

wikipedia blackout sopaSi vous surfez de façon journalière, le Net du 18 janvier vous aura peut-être marqué par sa journée noire en protestation contre deux projets de loi américains : SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act). Des sites importants comme Google, Wikipedia, Wordpress, Mozilla, ou encore Flickr ont manifesté leur farouche opposition à ces propositions législatives.
En gros, ces lois "anti-piratage" souhaitent mettre en place des incroyables sanctions en cas de violation de copyright, et l'obligation d'un blocage des sites accusés de "piratage" depuis le sol étasunien (même pour les sites issus de l’étranger). Les textes obligeraient ce blocage aux services de noms de domaine, aux moteurs de recherche, ainsi qu'aux organismes de transactions financières (comme Paypal) basés sur le sol américain.
C'est donc clairement un système de censure national. (États Unis, pays de liberté, qui disaient...) Le problème, c'est que cela touche le Web entier, car les noms de domaines sont gérés en Amérique. Ajoutons que les principaux services présents sur Internet sont basés majoritairement aux USA.
Justin Bieber (remarquez, cela ne serait pas forcément un mal...) risque 5 ans de prison si ces lois passent. Mais sont dans le même cas, les chorales d'écoliers, les auteurs de reprises sur Youtube, ou de vidéos avec un fond de musique copyrighté...

Suite au tollé de l'opinion publique, le 20 janvier, le gouvernement américain suspend le vote de ces projets de loi pour leur révision.

Megaupload

megaupload downLe lendemain de la cyber-manifestation anti-SOPA/PIPA, la galaxie Mega (MegaUpload, MegaVideo, etc.) à été subitement coupé du Net par "la Gestapo américaine" : le FBI. Le fondateur du site (Kim Dotcom) et plusieurs de ses sbires, ont ensuite été arrêtés en grande pompes, en dehors du sol américain (Nouvelle-Zélande) comme des criminels. Car c'est bien ce dont on les accuse : pour avoir (je cite) "mis en oeuvre une entreprise internationale de crime organisé prétendument responsable du piratage massif à l'échelle mondiale d'un grand nombre de types d’œuvres protégées, à travers MegaUpload.com et d'autres sites en relation". Kim risque 20 ans de prison pour cette prétendue "Méga-conspiration" (sic), c'est en gros les deux tiers de la peine d'un violeur récidiviste...

Belle échelle de valeurs que nous présente la justice américaine. Nous voilà maintenant prévenus : est un criminel, toute personne qui permet un partage de fichiers qui lui rapporte un peu de sous, et risque l'arrestation imminente par le FBI, depuis n'importe quel endroit du globe.
Location ou service gratuit de stockage, système d'échange de fichiers... C'est criminel du moment qu'il y a rémunération !
Dans ce cas, il y a du boulot ! Ce genre de site, il y en a des tas !!!

Et chez nous, ce n'est pas le meilleur refuge à ce sujet : notre président approuve largement cette incroyable arrestation, de ceux qu'il accuse de "réaliser des profits criminels" (sic)...
Combien de morts ou de violés au fait ?... Euuuh zéro. Mouais d'accord...

Au fond...

Vous allez me dire : oui c'est un peu trop drastique comme méthodes. Mais cette fermeture est quand-même légitime, MegaUpload était illicite...

Non, MegaUpload n'est pas plus illicite qu'un fournisseur d'accès à Internet. Ce sont certains de ses utilisateurs qui en ont fait le siège d'un certain usage illicite.
Coordonner (aux frais des contribuables) une action judiciaire internationale contre MegaUpload, et en accusant ce service d'activité de piratage, c'est choisir un bouc émissaire parce que l'on ne peut pas s'attaquer à la foule qui est la seule coupable (merci jls5).
Le principe MegaUpload n'a rien d'illégal, et encore moins de (je cite le FBI et notre Président) "criminel". C'est un site de partage, sans discrimination. Vous aviez la possibilité de vous créer sur le Net, un disque dur gratuit, et même disponible pour vos amis. Un tutoriel vidéo qui fait buzz sur MegaVideo pouvait vous rapporter de l'argent. Cela, est-ce illégal ? Est-ce criminel ?
Bien évidemment, cela n'excuse pas la malhonnêteté de la politique commerciale de MegaUpload. Moi aussi je reproche la malhonnêteté de MegaUpload, vis-à-vis des copies d’œuvres. Je lui reproche tout autant que vous d'avoir exploité l'échange de copies illégales pour faire des profits considérables sur le dos des artistes. Kim Dotcom mérite d'être jugé sur ce commerce quelque peu malhonnête.

Mais il y a plus grave : c'est un des sites légaux les plus utilisés qui est fermé au détriment de tous ses utilisateurs. Mais surtout, un site au principe fondamental : un site mondial d'échange libre de données. Or l'échange libre de données sans discrimination, est le fondement d'Internet.
Vous rendez illégal l'échange libre de données, vous rendez illégal Internet. La gravité de l'affaire MegaUpload, c'est celle-là !
Que ce soit Kim Dotcom ou l'Inspecteur Derrick, qui se soit fait coffré on s'en moque ! Ce qui ne nous a pas plu du tout, c'est le fait d'avoir criminalisé Internet et bafoué nos libertés !

fbi censorshipMais les USA ne s'arrêtent pas là : Jotform, un site sans aucun soupçon d'illégalité à été récemment coupé du Net, de la même manière que MegaUpload. Heureusement reconnecté, le site est encore disponible. Mais qui paye le préjudice ?

ACTA

Rappel :
ACTA c'est l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon. Idée de départ : la lutte conjointe entre pays émergents et développés contre tout type de contrefaçon. Bonne idée ! Sauf que l'élaboration de ce traité semble clairement des plus mauvaises : tous les grands groupes commerciaux se sont investis et font pression sur cet accord de façon à ce qu'ils en gagnent en puissance. Tenu d'abord secret, cet accord fût mis au jour grâce à Wikileaks. Dénonçant la volonté claire d'éviter tout processus démocratique, l'opinion publique à réagit. Face à cette pression, la transparence fût de mise et le texte s'est vu modifié. Mais il comporte encore actuellement de graves menaces pour plusieurs libertés individuelles fondamentales.
Les pays émergeant se plaignent de ne pas avoir part aux négociations et que les Etats-Unis et l'Europe veulent leur imposer un Traité conçu à leur manière. Sous couvert de lutte pour la propriété intellectuelle (Copyright), le traité atteint le summum de inacceptable, en rendant illégaux les médicaments génériques, ou encore en interdisant toute reproduction autonome de semences agricole.
Bien évidemment, Internet est particulièrement visé par tout ce qui concerne son contenu : le partage devient purement et simplement illégal, et l'utilisateur est d'office présumé pirate, avec des risques de sanctions disproportionnées. Pire : le traité responsabilise les fournisseurs d'accès internet dans un rôle de censure. C'est la crise : on privatise la Justice... Adieu liberté d'expression.
Et même si ACTA se voyait rendu inoffensif, nous ne sommes pas à l'abri de modifications postérieures. Son vote au Parlement Européen est une carte blanche aux multinationales !



De nombreux pays se sont investis dans l'accord ACTA par leur signature. Et la ratification de ce traité à été entamée par 22 pays de l'Union européenne (dont la France) à l’écart de l'opinion publique. C'en était trop, le rapporteur principal de l'accord au Parlement Européen (M. Kader Arif), démissionne. Il dénonce les nombreuses irrégularités dans l'ensemble de ce processus, qu'il qualifie de mascarade.
L'ambassadrice de la Slovénie au Japon jette le trouble en regrettant et s'excusant publiquement d'avoir signé ACTA, qualifiant son geste de "résultat d'une négligence civique". Le 28 janvier, une pétition américaine réunissant en un temps record plus d'un milion et 25 000 signatures contre ACTA, est déposée sur le site de la Maison Blanche.
Après ces évènements et les protestations civiles qui ont fleuri un peu partout, le 3 février, la Pologne suspend son processus de ratification qu'elle avait engagée. Le lendemain, son premier ministre, Donald Tusk, donne raison aux opposants à ACTA et évoque la possibilité de son rejet par son pays.
L’Allemagne, quand à elle, a mis en pause la signature de l'ACTA le 9 février, préférant laisser la situation se décanter au parlement européen avant de prendre une décision.
actaLa République Tchèque à pris la même direction le 6 février : gel du processus de ratification afin de mesurer l'impact de l'ACTA sur la législation nationale. Et la Roumanie semble avoir la même intention, souhaitant des "consultations publiques" avant la ratification, évoquant le refus du traité si le parlement y est opposé (source).
La Lettonie attend aussi plus de clarification avant de continuer.
La Bulgarie veut un consensus au parlement européen avant d'accorder définitivement ou retirer son engagement pour ACTA.

Sur ces retours de veste, Le président du Parlement européen, Martin Schulz, explique à la télévision allemande que le document "n'est pas bon sous sa forme actuelle", ajoutant que l'équilibre entre la protection du copyright et les droits individuels des internautes "n'est que très insuffisamment ancré dans le présent accord".
La Commission européenne comprend peu la bataille médiatique, elle qui assurait depuis le début que l'ACTA ne modifie en rien le droit communautaire. La Commission diffuse alors un document censé rétablir la vérité sur l'ACTA. (Source.)
En accord avec ce discours, le gouvernement du Luxembourg renouvelle son engagement pour ACTA le 14, dans un communiqué du ministère de l'économie et du commerce extérieur.
Mais rien est joué, à entendre les déclarations du président du parti populaire européen (PPE), qui annonçait "ACTA c'est fini", avant de tempérer ses propos.
L’Autriche n'a pas l'air d'oublier son droit de véto en défaveur de l'ACTA... Même chose pour la Slovénie.
Le 17, le premier ministre polonais Donald Tusk, s'engage franchement en demandant par écrit de ne pas soutenir ACTA, aux chefs des partis PPE et à la direction des formations nationales affiliées au mouvement européen.
Enfin, voyant qu'elle ne parvient pas à persuader, la Commission européenne demande à la Cour de Justice européenne de confirmer que l'ACTA ne limitera pas la liberté d'expression et d'information en Europe.

Affaire à suivre de très près ! Pour info, le débat du Parlement européen sur Acta débutera le 1er mars...

Mobilisation civile

Manifestations

manif anonLes manifestations ne se sont pas déroulées que sur Internet et ont débordé dans les rues :

En Pologne, Varsovie comptait plus de dix mille manifestants anti-ACTA, le week-end du 22 janvier.
Le 28 janvier, Paris rassemble entre 300 et 400 manifestants contre ACTA. Manifestation soutenue dans plus d'une trentaine de grandes villes françaises : une centaine de personnes à Bordeaux, une quinzaine pour Nîmes, Chalons ou Poitiers.
Le 11 février, la mobilisation reprend (dans 40 villes en France) et le nombre de participants ne cesse d'augmenter.
Le 25 février, la police dénombre 650 manifestants à Paris, plus localement on en compte 150 à Lille, 200 à Rennes, 100 à Lyon, 50 à Marseille et 200 à Toulouse (source).

Cyber-intimidation

Des anonymes ont réalisé plusieurs attaques par Internet, dont certaines ont été plutôt spectaculaires et sérieuses :

Dans le quart d'heure qui a suivi la fermeture des sites de MegaUpload, le site du département de la justice américaine (DoJ) est rendu indisponible, et avec lui, celui d’Universal Music : principal major du secteur qui lutte contre le groupe Mega.
Peu de minutes après, c'est au tour des sites de la MPAA (représentante de l’industrie cinématographique américaine) et de la RIAA (représentante de l’industrie du disque aux USA) d'être surmenés (lenteurs et indisponibilités temporaires). Sans oublier copyright.gov qui n'a pas été épargné par cette vague d'attaques.

expect usLe FBI fait tout son possible pour maîtriser et dissuader ces attaques anonymes de la part d'Anonymous et Lulzsec.
Face à ces pressions, le 3 février, des anonymes ont publiés l'enregistrement d'une conversation de 17 minutes entre des agents du FBI et de Scotland Yard. Prouvant leurs capacités d'infiltration et l'active lutte des plus hautes autorités contre ces mouvements populaires.

On était déjà habitué au discours intimidateur des adeptes d'Anonymous. Mais il semble qu'au cours de ces dernières attaques, le ton des activistes anonymes ait sérieusement monté d'un cran.
La forme des attaques et les menaces écrites font preuve d'une virulence encore jamais vue.
"FAITES PASSER CETTE POUBELLE ET NOUS DÉGAGERONS TOUT L'INTERNET CORPORATE [...] Si SOPA/PIPA/ACTA passent, nous allons mener une guerre implacable contre l'internet corporate, détruisant douzaines sur douzaines de sites gouvernementaux et d'entreprises." (source)
Sur Twitter, on y lit la même menace :
Megaupload à été pris sans la loi SOPA. Maintenant, imaginez ce qu’il arrivera si cela passe. L’internet que nous connaissons prendra fin.

Ajoutons à cela les attaques, moins violentes et plus désorganisées, semblant illustrer cet esprit de révolte et de désobéissance civile qui gagne de plus en plus l'opinion publique :
Le site de l'HADOPI inaccessible et retrouvé dans une fâcheuse posture qui menaçait son accessibilité sur les moteurs de recherche.
Le site du gouvernement français qui intègre des messages subliminaux dans l'URL.
Le siège de cette même Haute Autorité taggé.
Les attaques d'intimidation en Pologne.
Ou encore les attaques contre le site du parlement européen...

Notes :

Oui, mon billet est trop long. Je vous aurais bien fait un podcast (vidéo), mais on ne peut pas mettre de lien hypertexte sur des paroles...
J'espère néanmoins qu'il vous aura plu, et aidé à clarifier tous ces événements mal médiatisés.

Si vous avez des précisions à apporter, je me ferai un plaisir de les publier.
A bientôt.

mercredi 16 novembre 2011
banner

Ça y est, nous y voilà : le gouvernement français prive officiellement tous ses citoyens d'Internet !!!
Bienvenue sur France Net ! L'internet civilisé à la chinoise à la française... L’internet filtré !


C'est au travers de la loi Loppsi, version 2 (adoptée), que notre gouvernement à coupé son peuple (sans lui demander son avis) du vrai Réseau des Réseaux.
Dorénavant, dehors il y a Internet, et chez nous : Internet par Nicolas Sarkozy...
Pas de dispute, personne n'y échappe.

1 000 sites rayés du Net français, mais pas seulement :

You..What have you done?L'annonce officielle prévoyait de rendre inaccessible aux français, milles sites, qui selon le gouvernement, donnerait accès à du contenu pédopornographique.
Le 7 novembre 2011, vers 14h05 (UTC), les ponts sont coupés : environ un millier de connexions tombent effectivement, mais ce n'est pas tout !
Plusieurs infrastructures sans rapport avec la pédophilie, ont été perturbées, ont planté, ou ont été déconnectées du même coup...

Je vous épargne les détails techniques. Simplement, le Web et Internet en général n'est pas une affaire simpliste, et notre Gouvernement (qui s'est toujours démarqué par son manque de compétences techniques en la matière) le prouve à nouveau.

En définitive, ce filtrage nuit aux honnêtes gens ! Il leur empêche de travailler, il nuit à la réputation de sites, et d'infrastructure, provoquant pertes et dommages à des entreprises honnêtes !!!

Vous avez dit démocratie ?

Cette liste noire n'est heureusement pas publiée : ce serait aider les pédophiles à recruter... Là n'est pas le reproche.
Le souci est qu'aucune personne indépendante du pouvoir politique n'en connait le contenu, ou y a accès. Elle est réservée au ministère de l'intérieur, et c'est tout !
Personne donc, à part ces politiques, ne peut savoir si cette liste ne désigne réellement que des sites à contenu pédopornographique. Ni la CNIL, ni le parlement.
Il semble bien possible à tout site web, d'être bloqué par certains politiques ou ami de politiques... sous n'importe quel prétexte.
U MAD BRO
En effet, le blocage de site n'est qu'une procédure administrative. Elle se fait sans juge. Et surtout, sans le moindre recours, même en cas d'erreur !!!
Aussi incroyablement stupide que cela puisse paraître, cela n'est pas prévu. Et de toute façon, il est impossible de vérifier qu’un site se trouve bien dans cette liste, puisqu'il est interdit d'y avoir accès...
Pourtant, le sur-blocage n'est pas un risque, c'est une certitude ! Toutes les tentatives précédentes de filtrage similaires, dans d'autres pays, en ont fait état.

Aussi, le Gouvernement s'imagine-t-il que la majorité des français soient pro-pédophilie ?
Je rappelle que cette loi Loppsi, même sa deuxième version, à fait l'objet de nombreuses huées de la part du peuple français (manifestations dans plusieurs villes). Et pas seulement sur le domaine des technologies de l'information et de la télécommunication.
Nul doute qu'une telle loi aurait succombé à un référendum populaire...

A quoi ça sert ?

Un filtrage du web ne sert à rien. C'est aussi l'avis de certaines associations de protection de l'enfance. l'Allemagne et les Pays-Bas ont d'ailleurs abandonnés cette option.
En effet, ce filtrage est du plus facile à contourner. Un simple proxy à l'étranger permet d'accéder au Net complet. Ainsi, le business des pédophiles sur le Web n'en est aucunement inquiété.
C'est peut-être même bien la norme, chez les pédophiles, que de surfer anonymement pour ses ignobles activités, au travers de nombreux proxys publics étrangers.

Aussi le filtrage ne touche que le Web. Il n'est pas fait cas du Peer to Peer, ou même des échanges par mail. Or, le réseau pédophile ne se contente pas du Web, mais de tout Internet. C'est une véritable chasse au trésor pour échanger du contenu : tout un protocole est nécessaire, qui peut passer à la fois par :

lolcat U cant see me
  • de simples liens sur des pages Web anodines,
  • un mail,
  • une archive sur un site d'échange de fichiers,
  • un logiciel d'échange Peer to Peer,
  • Freenet, etc.

Bref, c'est un réseau d'échange sophistiqué et extrêmement opaque.
Si bien que le seul contact que les enfants peuvent avoir avec ce réseau, c'est par le biais de "prédateurs". C'est à dire, des pédophiles en chasse, sur des plateformes de discussions instantanées, ou dans les jardins publics.
Ces lieux sont-ils concernés par la Loppsi ?... Euh non.

Loppsi semble donc consister à cacher la montagne avec une main, tout en se voilant la face de l'autre pour ignorer le problème.

Vous allez me dire : oui mais elle conserve malgré tout, un intérêt protecteur pour les mineurs. C'est un risque en moins, pour les enfants, de tomber sur des images immondes et traumatisantes.
Impossible !!! Même des journalistes chevronnés ne parviennent pas à trouver un seul contenu pédophile sur le Web ! Aucune chance que vos enfants puissent tomber un jour là-dessus, par hasard !

Les pédophiles vous disent merci !

Dans les faits, à qui profite la loi ?
Accrochez-vous bien : elle sert à la pédophilie ! Oui, oui ! Elle provoque le contraire de ce qu'elle est censée faire !

Au contraire, par son filtrage, qui sera obligatoirement démesuré (ou carrément détourné), ainsi que toutes ses mesures ultra-sécuritaires liberticides, la loi Loppsi va populariser les mesures de contournement (comme pour Hadopi). Et par là, compliquer davantage la recherche des pédophiles en brouillant les pistes.happy pedobear
Ce serait bien trop long de tout expliquer ici : cela représente tout un ouvrage.

Objectif raté, effet contraire ! Loppsi consiste donc à faire l'autruche, tout en supprimant l'accès complet à Internet pour ses citoyens, et facilitant la cyber-pédopornographie. Bravo !

Lutter contre la pédophilie, que faire ?

On l'a vu, le filtrage en aval ne produit rien. L'Allemagne à préféré traiter le mal à la source : supprimer les contenus pédophiles. Il s'avère que l'efficacité du procédé se voit déjà !
La voilà la solution : traiter le problème en amont ! C'est ce qu'à toujours fait la police en France : un personnel est habilité pour lutter contre la pédophilie, c'est l'OCLCTIC : L’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication.
Pourquoi ne pas augmenter son budget ?
Pourquoi tout mélanger ? Ne vaut-il pas mieux ouvrir une section spécialisée à la pédopornographique ?

Plus généralement, la police n'a pas qu'un rôle répressif, elle se doit d'informer : étudier le réseau pédophile et former en conséquence les parents et éducateurs... Pourquoi rien de cela n'est fait ?

Lutter contre la censure, que faire ?

S'informer d'abord, et diffuser l'information autour de vous. Puis aider les regroupements en faveur des libertés d'Internet (la Quadrature du Net en tête).

Ne pas négliger non-plus les idées moins générales, comme cette extension de Mozilla Firefox, qui colle exactement à notre sujet.

Et puis utiliser nos droit d'internautes, ne serait-ce que pour les tester : utilisez l'anonymat, les services de chiffrement, le Peer to Peer (le plus légalement possible), les moyens de contournement, les outils parallèles (Linux, Freenet, etc.)... Si personne ne les utilise, ils disparaitront !

Ressources :


mardi 25 octobre 2011
banner

Sujet d'actualité qui ne passionne quasiment que les hackers ou les geeks : l'Internet tel qu'on l'a connu est de plus en plus menacé par des lois et des tendances marketing liberticides.
Le but politique affiché étant la régulation du Net, pour un "Internet civilisé", un "Internet responsable".

Pourquoi vouloir réguler le Net ?

On le sait, la pègre existe et circule aussi sur le Net, comme dans la rue. Pornographie, terrorisme, pédophilie, zoophilie, scatophilie, nazisme, hyper-violence, piraterie, banditisme...
Le Net à remplacé le papier, même clandestin (surtout clandestin). Et il est même devenu beaucoup plus accessible sur ce nouveau média.

La régulation d'Internet voudrait donc fermer l'accès aux internautes, à tous ces contenus néfastes.

Cette fin louable et de bonne intention est défendue main dans la main, par de nombreux politiques et lobbys. Des lois et des mesures ont été mises en place en ce sens, non-seulement en France, mais dans de nombreux pays !

Il y a aussi une réelle volonté de contrôle totalitaire par les États, même des plus démocratiques !
Le salon sur la sécurité intérieure des États : Milipol 2011 (interdit au grand public !), annonce une inquiétante couleur : est à l'honneur la militarisation de la sécurité intérieur, avec des solutions de contrôle et de destruction massives, dont l'espionnage et le filtrage des communications, Internet compris. Sécurité intérieure ? ...Pas vraiment, c'est comme si les États partaient en guerre contre leur propre peuple. Effrayant !
En Allemagne, un mouchard gouvernemental (mal sécurisé en plus) à été découvert. La France, quand à elle, possède le cadre juridique pour en voir fleurir plusieurs. Et elle s'est même équipée de moyens de filtrage incroyables, utilisés par les dictatures qui se sont illustrés lors des révoltes du printemps arabe (!)...

L’internet
versus
L’internet civilisé ou responsable

L’internet :
L’internet par sa définition originelle, c'est la capacité universelle à accéder à tous les contenus, services et applications, et également d'en envoyer. Et c'est donc cette capacité de participation universelle qui fait l'Internet.
Et c'est bien parce que cette capacité est universelle qu'Internet est ce formidable média de communication et d'expression planétaire.
Découle de cette définition, le fait que le contenu d'Internet gratuit et accessible à tous est un bien commun, puisque créé par tous et offert à tous.
Ce modèle implique aussi une notion très importante, qui est la neutralité du média :
Comme pour La Poste, ou le téléphone, Internet doit transmettre fidèlement à chacun le même et véritable contenu. Plus de neutralité, l'internaute n'accède plus "à tous les contenus, services et applications" de façon universelle. La neutralité assure que tout internaute accède au même Internet que son voisin (ni trafiqué, ni bridé).

Internet sorti de cette définition, ce n'est plus Internet !

L’internet dit "civilisé" ou "responsable" :
L'internet civilisé ou responsable n'est donc plus de l'Internet : c'est un réseau privé et non universel, comme le Net à la chinoise. Mais aussi "Internet par Orange" n'est plus Internet, c'est le microcosme Orange payant, régit par Orange, pour Orange. Pour les même raisons, Internet par Apple n'est plus Internet...
Internet et Internet bridé

De même que l'architecture du réseau Internet devient de plus en plus multiple-centralisé, au lieu d'être a-centré. De cette façon, les fournisseurs d'accès à Internet ont alors la possibilité de filtrer, brider, etc. "leur Internet", car ils en contrôlent l'entrée et la sortie.
Même chose pour la mode du "tout sur Internet" : le cloud computing. Ce n'est plus Internet, c'est un nouveau minitel, tout est sur les serveurs distants, vous n'êtes même plus physiquement maître de l'accès à vos données ! L'éditeur du service peut faire ce qu'il veut !

Mis à part ces considérations fondamentales, l'Internet civilisé et responsable veut fermer l'accès à tout internaute, aux contenus jugés illicites, choquants, ou amoraux.
Concrètement, c'est du filtrage, de l'espionnage, du bridé, etc. Et cela, sur des critères absolument flous, car subjectifs :
camera surveillance
Qui, au nom de toute l'humanité, peut prétendre juger de ce qui est choquant de ce qui ne l'est pas, de ce qui est amoral de ce qui ne l'est pas, de ce qui est licite de ce qui ne l'est pas (il n'existe pas, à ce jour de législation planétaire complète et effective) ?
Va-t-on, comme cela s'est produit en Australie, interdire l'accès à des sites taxés de pédophilie dont la majorité de ceux-ci n'en n'ont rien à voir, au final ?
Va-t-on, comme actuellement en Angleterre, brider toute connexion Internet par un filtrage des sites pornographiques (et bientôt on ne sait quoi, certainement), et proposer la levée du filtrage sous forme d'option du service ? (Option dont la réclamation se fait publiquement, devant le commercial. Bonjour le respect de la vie privée !)

L'âge est aussi un critère déterminant de permission d'accès au contenu. Or, un filtrage ou une restriction globale ne peut permettre de discriminer l'accès aux contenus selon l'âge de chacun. On ne permet pas l'accès aux même contenus pour un adulte que pour un enfant de 10 ans.
De même que l'éducation familiale n'appartient pas à l'État, mais à chaque parent ou éducateur, dont les permissions dépendent de leur sensibilité et de leur opinion.

Enfin, il y a clairement une impossibilité technique pour filtrer l'Internet à l'intérieur du Réseau, de quelque façon efficace que ce soit. Demander un tel filtrage, c'est comme vouloir arrêter une rivière à deux mains :
Il existe une foultitude de moyens techniques de contournement, qu'il serait impossible de tous les citer. D'autant plus que ceux-ci évoluent à mesure qu’apparaissent les restrictions. C'est une véritable course de moyens techniques, vaine et coûteuse.

L'internet est-il irresponsable et non-civilisé ?

Notons d'emblée, que l'expression "Internet civilisé" nous vient tout droit du discours gouvernemental chinois. C'est une telle référence douteuse, que cette expression à subitement été remplacée par "Internet responsable" depuis le dernier e-G8... Bien qu'il s'agisse de la même idée, au fond (nous y reviendrons).

On voudrait donc nous faire croire qu'Internet est un lieu de non-droit et barbare, dont la responsabilité ne repose sur personne...
On croit rêver !
danger internet
On l'a répété à l'envi, Internet n'est pas une zone de non-droit. Si c'est un scoop pour vous, je vous invite à lire cet interview de Cedric Manara (professeur de droit à l’EDHEC) par le site Écrans.fr.
Concernant la pédophilie par exemple, la France possède un système juridique et policier déjà heureusement efficace. A ce jour, on ne compte aucun site web de contenu pédophile sur le sol français car trop facilement repérable...

Ensuite, si Internet était barbare, une encyclopédie universelle de l'envergure de Wikipédia n'aurait jamais pu voir le jour.
Combien de fois n'a-t-on pas dit qu'Internet était "le savoir à portée de clic" ?! A tel point qu'Internet est devenu le canal privilégié du partage et de la diffusion du savoir du XXIème siècle !

Enfin, Internet est loin d'être irresponsable. Affirmer cela, c'est insulter la démocratie :
La logique politique originelle d'Internet est celle du pouvoir et du contrôle égalitaire, socle de la démocratie. Le pouvoir et le contrôle d'Internet est absolument divisé par le nombre d'internautes. Internautes, qui rappelons-le, sont les mieux placés pour jouer ce rôle car ce sont eux qui font le contenu d'Internet.

Internet civilisé par qui ?
Sous la responsabilité de qui ?

Mais passons ! Imaginons que l'Internet civilisé et responsable soit possible, tout en restant de l'Internet... XD

Puis analysons les mesures appliquées ou désirées par nos chers politiques : qui donc sera alors responsable de la civilisation d'Internet ? L’état !
Et ceci, je précise, sans l'intermédiaire d'un juge ! (indépendant, impartial, un juge, quoi !) Oui, c'est dans la loi Loppsi, actuellement effective.
L'État pourra censurer tout contenu, fermer tout site web qui ira à l'encontre de son jugement (au revoir, liberté d'expression). Le pouvroir politique s'assoit donc, jusque sur Internet, au mépris des libertés de l'internaute.
le gouvernement vous protège contre la réalité
Ça ne vous rappelle rien, un régime politique qui s'assoit sur les libertés de sa population ? En particulier la liberté d'expression ...

En résumé :
L’état se fait le colon justicier du Net. Lui-seul sera le maître de la diffusion de tout son contenu. D'autant plus si la toile est devenue le canal privilégié de l'information et du savoir : L’état contrôlera tout cela de son propre jugement... Totalitarisme, oui, mais c'est pour votre bien, hein ! ;D
Bienvenu à Moscou !... Ah, non ? Chine alors ! Non ? En France ?!!!

Comment gère-t-on les dérives du Net ?

C'est bien triste, je l'avoue. Je vais donc vous remonter un peu le moral en vous expliquant comment réguler Internet, comme il a toujours été fait : en respectant l'intégrité d'Internet et les libertés de l'internaute !

Les dérives sur Internet ne sont pas nouvelles. Comment s'en est-on sorti jusqu'ici pour conserver notre formidable Réseau et nos libertés ?
Eh bien c'est très simple : le pouvoir et le contrôle d'Internet devant toujours revenir à chaque internaute, il suffit de lui fournir les outils nécessaire pour assumer sa responsabilité.

Si malheureusement c'est impossible, il faudra alors donner les moyens nécessaires à la justice démocratique (donc indépendante du pouvoir législatif) de chaque état, de juger équitablement des abus et différents.
Pas besoin d'une autorité totalitaire : on est en démocratie. C'est aussi simple que cela.

La traque des criminels :
La chasse au crime n'est pas destinée aux fournisseurs d'accès ou à toute autre instance marchande privée. Elle est réservée aux forces de sécurité intérieure, - indépendamment de la classe politique - !
Toutes les mesures d'espionnage et de filtrage de la population aggravent les difficultés d'enquêtes cybercriminelles : elles provoquent une généralisation des dispositifs de dissimulation et d'anonymat total. Alors réservés aux activités mafieuses, l'anonymat complet, le chiffrage des communications, le cryptage des données devient anodin. Comment différencier une archive cryptée de documents criminels, d'une autre contenant de bêtes copies illégales de films ? Cette vulgarisation des moyens de dissimulation profite à tous les secteurs mafieux et criminels (la pédophilie, par exemple).
Voilà ce que fait la politique qui veut se mêler de ce qu'elle ignore !

Le filtrage pour mineurs :
On l'a vu, le filtrage du contenu sur Internet pour préserver l'éducation des enfants, est nécessaire. Également, la généralisation du filtrage est d'autant plus inefficace que liberticide.
Il faut donc décentraliser le filtrage. C'est aux parents et aux éducateurs qu'il faut donner des moyens souples et paramétrables pour filtrer ce qui rentre chez eux. De cette manière, chacun pourra toujours accéder au véritable Internet, comme il l'entend. Et ces moyens existent déjà.

Bien-sûr, ces logiciels de filtrage (comme les bloqueurs d'images de nus par exemple), ou de contrôle parental sont plus ou moins facilement contournables. Tout comme l'éducation des enfants. L'éducation, qu'elle soit nationale ou familiale, est loin d'être exempte de failles de contournement.
Internet, qu'on le veuille ou non, fait partie du monde extérieur. Et par-là, l'approche d'Internet par votre enfant doit être un processus éducatif aussi important que l'approche de la rue.

Il faut donc que les parents et éducateurs soient informés des possibilités, risques et recours liés à Internet. La récente mise en place d'un numéro vert au service des parents en recherche de ces informations est une bonne initiative. Mais c'est un début qui arrive bien en retard !

Avis donc, à l'Éducation Nationale : il serait judicieux de donner les moyens nécessaires aux professeurs pour enseigner aux élèves autre chose que jouer avec Google et Ms. Word.

La vie privée :
L'éducation au respect de la vie privée passe aussi par Internet. Que ce soit envers soi-même ou envers autrui.
Comme un numéro de téléphone est une donnée de l'ordre du "presque confidentiel", il en va de même pour une adresse e-mail. La plupart des logiciels de contrôle parentaux ont un bloqueur de publication d'infos personnelles, qui est très utile.

L'anonymat et le pseudonymat ne sont ni superflus, ni décoratifs. Ce sont des outils importants sur Internet : ils évitent le harcèlement, le spam, ou les abus et les représailles en cas de dénonciation justifiée.

Les arnaques :
L'éducation des personnes face aux arnaques et aux publicités malveillantes sur Internet est également importante. Des collectifs existent, dénonçant telle ou telle pratique abusive dont il est bon de connaître.
Des outils existent : antivirus, anti-spywares, bloqueurs de publicités, filtre anti-spam, options anti-phishing... etc.

Je n'ai pas tout en tête, mais sachez aussi que, même sur le Net, la loi vous donne aussi l'occasion de nombreux recours très utiles !

Vive l'Internet libre et bon surf !

Ressources sur le sujet :

lundi 30 mai 2011
banner

J'ai décidé de vous parler de ce grave et vaste sujet qui nous concerne tous : la liberté d'expression sur Internet. Grave, puisque, si l'on réfléchit, Internet est devenu le plus important support de la liberté d'expression et de communication.

Pourquoi j'ai décidé de vous en parler, à vous : internaute lambda ? Pour vous informer :
Il incombe à nous, les utilisateurs avertis, d'instruire les débutants sur les choses importantes en informatique. Ce sujet en fait partie, je le crois.
Bien que mon article ait peu de chance d'être beaucoup vu, je tente le coup quand-même.

Internet, c'est le mal

On accuse souvent Internet lors de faits divers dramatiques médiatisés, qui touchent au Web. On l'accuse d'être un pot de virus, une passoire, un repère voyous, etc... En faisant une généralité d'un cas particulier (comme d'habitude).

Or, Internet est un média neutre en soi. C'est son utilisation qui en fait une chose mauvaise ou non.
Internet est-il donc majoritairement mal utilisé ?
Cela reviendrait à dire "Les gens sont-ils majoritairement mauvais ?" car c'est un espace démocratique : tout le monde l'utilise.

En fait, non, internet est majoritairement bien utilisé :
D'abord, ce n'est pas une zone de non-droit : il faut savoir qu'une partie non négligeable des règles législatives dans chaque pays y touche, (par extension ou par ajout).
En dehors de cela, c'est la loi du nombre : la majorité impose ses règles à la minorité. Aussi, vu que cette majorité d'internaute possède un minimum de moralité, et qu'elle est soumise à une législation qui protège l'individu, on peut penser et même constater qu'Internet s'auto-régule.

Ainsi, Internet est contrôlé par tous ! Et c'est de cette démocratisation anarchique qu'en découle une liberté d'expression et de communication fort précieuse, qu'il nous faut garder à tout prix !!! La toile est le premier réseau mondial, neutre, démocratique, incontrôlable ... bref "libre" ! qui existe.

La bataille silencieuse

Vous, citoyen lambda, ignorez presque tout de la bataille mondiale (!) qui, ces dernières années, fait rage pour la sauvegarde des libertés sur le Net.
Normal, puisqu'aucune chaîne de télévision, radio, journal officiel important ne vous en a parlé (si je vous dit DAVSI, ou ACTA ?...).

Pourtant, depuis dix ans, voire plus, sont entreprises des mesures juridiques politiques et lobyistes qui vont à l'encontre des libertés individuelles de l'internaute.

Pourquoi ? Benoit Sibaud (Président de l’April) l'explique très bien dans le livre La Bataille Hadopi :
Le mouvement prônant l’accès universel à la connaissance et aux œuvres artistiques, [...] se heurte à une offensive juridico-politique de grande envergure, aux méthodes fondées sur la surveillance généralisée de l’usage privé des œuvres et du contenu des ordinateurs personnels.
Les logiciels libres, ces logiciels offrant la liberté pour tous les utilisateurs de les exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer, ne sont pas seulement une question de licence ou de technique.
Derrière ces biens communs, il existe en effet une philosophie d’opposition à l’appropriation exclusive des savoirs. Tout comme l’humain n’est pas défini par le droit ou par l’économie, ces derniers ne peuvent qu’être des compromis acceptés par les Hommes. Les batailles en cours dans le domaine de l’immatériel illustrent bien ces tentatives de prise de contrôle et de monopole autour de la connaissance.

Volonté "de contrôle et de monopole de la connaissance", donc ?... Ou volonté de contrôle tout court ?

Interdire sur Internet

Comment le pouvoir judiciaire de chaque pays peut-il avoir emprise sur Internet ? Impossible : Internet est anarchique et planétaire ! De plus, en constante évolution...

La recherche d'un contrôle d'Internet revient à "une course à l’échalote. Plus le système de surveillance va être développé, plus les utilisateurs d’Internet auront intérêt à utiliser les nouveaux outils et protocoles qui lui permettront d’être sécurisé contre cet intrus. Et plus il sera nécessaire d’investir plus d’argent public pour « casser » ces protections et cette sécurité afin de surveiller à nouveaux les internautes." (La Bataille Hadopi.)

Exemple : en chine, l'état censure le contenu des sites Web du pays, ainsi que l'accès à ceux de l'extérieur. Mais ces restrictions sont facilement contournables.

Le pouvoir judiciaire ne s'exerce donc pas sur le Net ! Il s'exerce à l'intérieur des frontière de chaque pays. Si l'on échappe aux frontières, on échappe à la loi.
Les pouvoirs politiques l'ont bien compris et ils tentent par ce moyen de coincer l'internaute par des lois liberticides et menaçantes.

Si tout ça c'était des salades ?

On aimerait bien rigoler de tout ça. De se moquer d'un tel discours, le taxant "d'anti-complotiste". Dire que tout ça c'est des bobards de paranos pour brasseurs de salades...

Sauf que c'est malheureusement vrai et une réelle menace !

En France, on a l'Hadopi, qui va à l'encontre de la présomption d'innocence. Mais aussi LOPPSI (cf. la fin du billet). Et un projet de loi sur l'affichage de l'identité des blogueurs anonymes...

Ce sont des mesures politiques et lobyistes qui vont à l'encontre des libertés individuelles.

Le vrai problème c'est que les politiques ont peur d'Internet, en tant que média incontrôlé d'échange international !

Pourquoi ? Je me le demande ! Dans un état démocratique, il n'y a pas raison d'avoir peur d'un réseau d'échange démocratique... Verserait-on dans le totalitarisme ?

Les pirates sont dans le bon camp

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe un parti politique appelé le Parti Pirate !
En fait, ce parti ne défend pas la piraterie, mais bien les libertés du Net et la lutte contre l'industrialisation de la culture.

Citons aussi les Anonymous : communauté anarchique d'internautes totalement anonymes, défendant la liberté et l'anonymat sur le Web. Regroupant parmi eux internautes avertis, hackers et pirates, les anonymous diffusent leurs idées et organisent des attaques en masse contre des ennemis de leur cause... Toujours sur Internet.

Question grave : l'anonymat des blogueurs


En dehors du fait que cela me concerne, pourquoi attacher grande importance à cette question de l'anonymat des blogueurs ?

Clairement, parce que c'est une question fondamentale de liberté d'expression :
Le blog est une forme de journal numérique démocratisé et interactif. Il est la première source d'expression publique démocratique sur Internet.
Et si le blogueur n'est plus anonyme, il devient vulnérable à toute pression (attaques en justice, représailles, etc.).
Si le blogueur reste anonyme, il reste hors de porté de ces menaces. Dans un contexte totalitaire, cette liberté empêche la censure, arme redoutable.

Des exemples récents ont illustrés ce point lors des récents conflits nord-africains : Tunisie, Égypte...

Si vous suivez l'actualité numérique, côté législatif, vous avez sûrement entendu parler de la proposition de loi sur la levée de l'anonymat des blogueurs, de la loi LOPPSI (version 1 et version 2)...
Mais l'internaute lambda n'est pas passionné par ce genre de sujet...

Rappels :

Depuis 2004 (21 juin), la loi pour la LCEN oblige les blogueurs de transmettre leurs coordonnées personnelles à l'hébergeur du blog (ici, Blogspot). Mais aussi de "tenir à la disposition du public" les éléments d'identification de cet hébergeur.

Malgré tout, cette loi n'est (heureusement) pas appliquée correctement, puisque, l'on peut souvent (comme j'ai pu le faire,) fournir des coordonnées fausses, ou n'en transmettre qu'une partie.

Le Sénat, proposait donc d'assimiler l'éditeur non professionnel (l'auteur du blog) au directeur de la publication (hébergeur du contenu), afin d'avoir un responsable juridique.

En gros, puisqu'il faut un responsable/bouc émissaire, et que le blogueur est anonyme, on a qu'à attaquer l'hébergeur (ici Blogger) pour "ne pas avoir su maitriser le contenu de son/ses sites". Chose proprement infaisable, à moins d'employer une main d’œuvre considérable, puisque cela reviendrait à modérer (donc à lire ainsi qu'à censurer éventuellement) tous les billets de la plateforme de blogging.
A ce train là, aucune de ces plateformes ne serait gratuite, et adieu la liberté d'expression.

C'est carrément mettre le blogging dans le même sac que la presse "papier". Or, c'est loin d'être la même chose !!! L'internaute n'est pas journaliste, le blog n'est pas un journal papier, ni une maison de presse...

Depuis ...

En mai 2010, une proposition de loi avait été déposée, visant à obliger les blogueurs à dévoiler leur identité.
Proposition de loi qui n'a pas encore aboutie.

Mais depuis janvier 2011 :
Le ministre de la justice, à l'occasion d'une réponse ministérielle (publiée le 20/01), à précisé que, pour obtenir l'identité d'un blogueur anonyme, les plaignants devront recourir à la justice.

Cela remet en cause la directive de la loi pour la LCEN sus-citée : l'hébergeur ne sera pas tenu comme responsable de ne pas fournir l'identité de l'auteur d'un de ses blogs. Ce sera à la justice de la chercher.

Bref ! Pas grand-chose d'important. Car cela ne change en rien au sujet des menaces envers l'anonymat et la liberté d'expression sur Internet...

Par contre, la loi LOPPSI 2 (c'est quoi ?) à été adoptée le 8 février. Celle-ci autorise entre autres :
  • La police à utiliser des logiciels mouchards,
  • La censure du Net via un cheval de Troie,
  • Le blocage de l'accès à n’importe quel site internet,
  • La mise des sites bloqués dans une liste noire qu’aucun organisme de contrôle ne pourra consulter,
  • Tout cela sans avoir besoin de l’accord d’un juge.

Bref ! Une entrave de taille à la liberté du Net.

Mot de la fin

Alors quoi faire ?...
Lutter dans le sens inverse de ces mauvaises tendances : sauvegarder l'anonymat sur le web. Informer les gens sur ces réelles menaces.

Le site La Quadrature du Net est une référence en la matière.

Voilà ! J'espère que ce billet vous aura passionné (bigre ! je crois que je tiens mon record de longueur sur ce blog). Bon surf, et vive la liberté des internautes !

mardi 17 août 2010
banner

Depuis qu'on parle d'Hadopi, si on à eu le malheur de louper le train en route... On y comprend plus rien !!!

Néanmoins, avec ce qui traîne ça et là sur le web, et avec un peu de concentration, on comprends facilement l'absurdité de cette loi.
Pour faire le point et voir plus loin, je vous conseille la lecture et l'écoute de ces deux discours (surtout le second).

Pour en finir :
Je vous conseille la lecture (ou l'écoute) de cet article : "Hadopi, les pirates, ce n'est pas son problème" (surtout à partir du titre "50 à 70 agents"). Sur cet texte, vous avez la preuve que la loi est complètement débile et qu'elle ne s'attaque finalement qu'aux consommateurs (et non aux pirates).

Pour voir plus loin :
Je vous conseille l'écoute de l'émission d'OxyRadio (webradio libre sur l'informatique et Internet) "Les Enfants du Web" n°42, qui fait le point sur Hadopi et qui évoque le reste : Loppsi, Acta... Avec des pointures dans le domaine, comme Marc Rees (journaliste chez PCINpact), Jérémie Zimmermann (co-fondateur de la Quadrature du Net) et Guillaume Champeau (fondateur de Numerama).

Évidemment, il faut du temps pour potasser tout ça. Mais ça vaut le coup, croyez-moi.
Bonne lecture/écoute !

Historique